
Parmi elles, figurent des structures emblématiques telles que l’Association des élèves et étudiants handicapés du Burkina, l’Initiative citoyenne pour la démocratie et le développement (ICDD), ou encore l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat). Autrement dit, des acteurs essentiels du tissu social et humanitaire se voient brutalement réduits au silence.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de la loi du 17 juillet 2025, qui encadre désormais la liberté d’association. En effet, ce texte impose aux ONG de nouvelles obligations strictes de contrôle et de conformité avec les objectifs du régime militaire. Déjà, une première vague de dissolutions avait frappé 21 organisations, tandis que dix autres avaient été suspendues pour des motifs administratifs.
Le timing n’est pas anodin. Quelques jours plus tôt, Human Rights Watch publiait un rapport accablant intitulé « Personne ne pourra s’échapper ». En réaction, les autorités burkinabè ont dénoncé des « officines impérialistes déguisées en ONG », selon les mots du porte-parole Gilbert Ouédraogo. Dès lors, la dissolution massive apparaît comme une riposte politique autant qu’un durcissement légal.
Officiellement, la junte justifie ces mesures par la volonté de renforcer la transparence, lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Pourtant, dans les faits, ce nouveau tour de vis fragilise encore davantage une société civile déjà sous pression, et réduit considérablement l’espace des libertés au Burkina Faso.