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Intelligence artificielle : Washington et Pékin cherchent à poser des "garde-fous" sur l'IA

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Protéger l’innovation sans ouvrir la porte aux dérives. C’est le défi que les États-Unis et la Chine tentent de relever en discutant de garde-fous autour de l’intelligence artificielle (IA).

Jeudi 14 mai, le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a confirmé depuis Pékin que les deux puissances échangeaient sur ce sujet sensible, partagé par une même crainte, voir l’IA devenir un outil de cyberattaques.

Des discussions au sommet « Nous allons discuter de garde-fous sur l’IA avec les Chinois », a déclaré Scott Bessent au média américain CNBC. Selon lui, Pékin dispose d’une industrie de l’IA « très avancée », mais reste « en retard considérable » par rapport aux États-Unis. Le ministre accompagne le président Donald Trump dans sa visite officielle en Chine, signe que le dossier est traité au plus haut niveau.

Concrètement, Washington et Pékin travaillent à l’élaboration d’un « protocole » définissant la marche à suivre pour encadrer l’IA. L’objectif est clair : empêcher que des acteurs non étatiques s’emparent de ces modèles pour en détourner l’usage. Toutefois, Scott Bessent insiste : il ne s’agit pas de « brider l’innovation ». Au contraire, le gouvernement américain se dit « très satisfait » des avancées réalisées par les grandes entreprises technologiques.

Ce débat ne se limite pas aux deux géants. Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment appelé à renforcer la coopération internationale, soulignant les risques croissants de cyberattaques alimentées par les nouveaux outils d’IA.

L’alerte a été particulièrement ravivée par la start-up Anthropic. Son dernier modèle, baptisé Mythos, a mis en lumière « des milliers » de vulnérabilités dites « zero-day » lors de tests internes. Ces failles, inconnues des concepteurs et utilisateurs, offrent autant de portes d’entrée potentielles pour des pirates informatiques.

Ainsi, entre volonté de stimuler l’innovation et nécessité de protéger les systèmes numériques, Washington et Pékin avancent sur une ligne de crête. Les garde-fous envisagés pourraient bien devenir une référence mondiale, à l’heure où l’IA redessine les équilibres technologiques et sécuritaires.