
Selon les médias locaux, l’affaire prend une tournure judiciaire majeure. En effet, l’acte d’accusation déposé devant la Haute Cour fédérale d’Abuja affirme que les prévenus ont conspiré « afin de déclarer la guerre à l’État dans le but d’intimider le président de la République fédérale ». Autrement dit, il leur est reproché d’avoir voulu fragiliser les institutions et menacer directement le chef de l’État.
Parmi les inculpés figurent le général de division à la retraite Mohammed Ibrahim Gana, le capitaine Erasmus Ochegobia Victor, l’inspecteur Ahmed Ibrahim, ainsi que Zekeri Umoru, Bukar Kashim Goni et Abdulkadir Sani. Tous sont également accusés d’avoir eu connaissance du projet du colonel Mohammed Alhassan Ma’aji, présenté comme le cerveau du putsch ,sans en informer les autorités compétentes. Cependant, aucune information officielle n’a encore été communiquée sur la situation actuelle du colonel Ma’aji.
Cette tentative de coup d’État avait déjà eu des conséquences immédiates : le président Tinubu avait procédé à un remaniement du haut commandement militaire, signe de la gravité de la menace. Aujourd’hui, l’affaire revient sur le devant de la scène judiciaire, alors que le chef de l’État est appelé à défendre son bilan après quatre années au pouvoir. Or, le contexte sécuritaire reste explosif. Entre attaques récurrentes de groupes jihadistes et violences perpétrées par des bandes criminelles, surnommées localement « bandits », le Nigeria est confronté à une instabilité chronique. Ainsi, cette affaire de putsch manqué illustre non seulement les fragilités internes du pays, mais aussi la pression constante qui pèse sur ses institutions.