
Dès lors, chacun d’eux doit défendre sa vision pour reprendre, à partir de 2027, les rênes d’une organisation fragilisée par une crise profonde. Ainsi, quatre figures se détachent. Il s'agit notamment, le Sénégalais Macky Sall, la Chilienne Michelle Bachelet, la Costaricaine Rebeca Grynspan et l’Argentin Rafael Grossi.
Portraits croisés de ces prétendants à la plus haute fonction onusienne.
Macky Sall
Un Africain isolé, seul candidat non issu d’Amérique latine, l’ancien président sénégalais (2012-2024) insiste sur le lien indissociable entre paix et développement. Cependant, sa candidature souffre d’un handicap majeur. Ni son pays ni l’Union africaine ne le soutiennent pleinement. En effet, les autorités sénégalaises l’accusent d’avoir réprimé des manifestations meurtrières, ce qui fragilise sa crédibilité.
Michelle Bachelet
L’expérience face aux critiques, à 74 ans, l’ex-présidente du Chili et ancienne Haut-Commissaire aux droits de l’Homme met en avant son parcours marqué par la lutte contre les dictatures et la défense des libertés. Pourtant, ses positions sur les droits des femmes et son rapport accablant sur les Ouïghours lui valent de vives critiques, notamment de la Chine et des conservateurs américains. Dès lors, son chemin vers New York apparaît semé d’embûches.
Rebeca Grynspan
La diplomate discrète, moins connue du grand public, l’ancienne vice-présidente du Costa Rica s’est illustrée en négociant l’initiative de la mer Noire pour l’exportation des céréales ukrainiennes. De plus, son histoire familiale, marquée par la survie de ses parents juifs à l’Holocauste, nourrit son attachement viscéral à la Charte des Nations unies. Ainsi, elle incarne une candidature à la fois technique et profondément symbolique.
Rafael Grossi
Diplomate chevronné, l’Argentin dirige depuis 2019 l’Agence internationale de l’énergie atomique. À ce titre, il s’est confronté aux dossiers brûlants du nucléaire iranien et de la centrale de Zaporijjia. En conséquence, il plaide pour un retour aux fondamentaux de l’ONU : sauver l’humanité du fléau de la guerre. Polyglotte et père de huit enfants, il mise sur son profil international pour séduire les grandes puissances.
Il faut souligner que la décision finale est verrouillée par les grandes puissances Certes, l’Amérique latine revendique le poste au nom de la rotation géographique. Toutefois, ce sont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France, qui détiennent la clé, grâce à leur droit de veto. Or, Washington a déjà prévenu ,le futur secrétaire général devra être en phase avec les valeurs et les intérêts américains.
En définitive, au-delà des rivalités personnelles et des calculs géopolitiques, les quatre candidats mettent en avant la même urgence. Reconstruire la confiance envers une organisation malmenée et menacée par une crise financière. Autrement dit, celui qui succédera à Antonio Guterres devra non seulement incarner l’équilibre des nations, mais aussi redonner souffle à une ONU en quête de légitimité.