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Esclavage transatlantique : Le Ghana pousse l’ONU à reconnaitre "le crime le plus grave de l’humanité"

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Les Nations Unies s’apprêtent à examiner, mercredi, une résolution historique. Portée par le Ghana au nom de l’Union africaine, elle propose de qualifier la traite transatlantique des esclaves de « crime le plus grave contre l’humanité ».

Dès lundi 23 mars, Accra avait appelé les États membres à soutenir ce texte. Selon Samuel Yao Kumah, représentant permanent du Ghana auprès de l’ONU, il ne s’agit pas d’établir une hiérarchie entre les atrocités du passé. « La résolution ne classe pas les souffrances par ordre d’importance », a-t-il expliqué, rappelant que génocides, apartheid, violences coloniales et autres crimes restent unanimement condamnés par le droit international. En revanche, elle met en lumière un mécanisme historique qui a profondément remodelé le monde.

En effet, entre le XVe et le XIXe siècle, plus de 12 millions d’Africains furent déportés vers les Amériques et les îles atlantiques. Plus d’un million périrent durant la traversée. Pour le Ghana, reconnaître cette tragédie comme le crime le plus grave contre l’humanité revient à honorer la mémoire des victimes.

Par ailleurs, Kumah insiste sur la portée morale de cette démarche : « Soutenir cette résolution n’est pas un acte d’accusation, mais un acte de reconnaissance. C’est affirmer que la communauté internationale possède la confiance morale nécessaire pour nommer les réalités historiques et en tirer les leçons. »

Ainsi, l’examen du texte intervient à un moment symbolique : le 25 mars, l’ONU commémore la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. Une coïncidence qui confère à cette initiative une résonance particulière, entre mémoire et justice universelle.