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Enfants soldats : l’ONU alerte sur le drame nigérian

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Lors de la Journée internationale contre l’utilisation d’enfants soldats, célébrée chaque 12 février, les Nations Unies tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme.

Selon l’organisation, le Nigéria figure parmi les pays où le recrutement d’enfants par des groupes armés atteint des niveaux particulièrement élevés.

D’abord, la Représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier, rappelle que cette pratique constitue l’une des violations les plus répandues et les plus dévastatrices dans les zones de guerre. Ensuite, elle souligne l’ampleur du phénomène : rien qu’en 2024, plus de 7 400 enfants ont été enrôlés ou utilisés par des forces armées et groupes armés, un chiffre qui ne reflète que les cas vérifiés. Au total, près de 220 000 enfants ont été séparés des bandes armées au cours des trois dernières décennies.

Par ailleurs, le Nigéria est cité aux côtés de la République démocratique du Congo, de la Somalie, de la Syrie et du Myanmar, autant de pays où les violations des droits de l’enfant sont particulièrement fréquentes. Depuis plus de dix ans, le nord du Nigéria est en proie à l’insurrection. Des groupes tels que Boko Haram et ses factions sont accusés de recruter des enfants comme combattants, informateurs ou encore pour des tâches logistiques. Certes, les opérations militaires ont affaibli certains de ces groupes, mais les ONG rappellent que les enfants des communautés touchées demeurent extrêmement vulnérables.

De plus, Mme Frazier insiste sur la dimension humaine derrière les statistiques : « Chaque chiffre de notre rapport représente un enfant dont l’innocence a été brisée », affirme-t-elle, en précisant que les cas recensés ne sont probablement qu’une fraction de la réalité. Son bureau surveille actuellement 26 situations de conflit dans le monde, avec un nombre record de violations en RDC, au Nigéria, en Somalie, en Syrie et au Myanmar.

Enfin, au-delà du constat, l’ONU dit travailler directement avec certains groupes armés pour obtenir la libération des enfants et faciliter leur retour en sécurité. Une fois séparés, l’UNICEF et ses partenaires s’efforcent de les réintégrer, en leur offrant un soutien psychosocial, un accès à l’éducation et la possibilité de retrouver, autant que possible, leur enfance perdue.