
Cette prise de position intervient dans un contexte particulier. En effet, des millions de documents ont récemment été rendus publics par les autorités américaines, conformément à la loi sur la transparence. Ces archives, qui concernent les enquêtes criminelles visant le financier américain décédé en 2019 en détention, jettent une lumière nouvelle sur l’affaire.
Or, selon les experts, « l’ampleur, la nature, le caractère systématique et la portée transnationale » des abus commis contre des femmes et des filles dépassent le cadre des infractions pénales classiques. Autrement dit, certains éléments révélés pourraient raisonnablement correspondre aux critères juridiques définissant des crimes contre l’humanité.
De plus, les spécialistes soulignent que cette qualification implique des actes commis de manière organisée, répétée et à grande échelle, souvent facilités par des complicités ou des défaillances institutionnelles. Ils décrivent ainsi les faits comme une combinaison de « déshumanisation, de racisme et de corruption », insistant sur la dimension internationale du réseau présumé, qui renforce la gravité des accusations.
Face à ces révélations, le panel onusien appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante, approfondie et impartiale. Celle-ci devrait examiner l’ensemble des allégations visant Epstein et ses associés présumés, parmi lesquels figureraient, selon les documents, des personnalités influentes issues des milieux politique, économique, scientifique et culturel.
En conséquence, les experts estiment que ces archives laissent entrevoir l’existence d’une « entreprise criminelle mondiale », ce qui justifierait une réponse judiciaire proportionnée à la gravité des faits. Ils insistent également sur la nécessité d’analyser les mécanismes ayant permis à ces crimes présumés de perdurer pendant des années, sans intervention efficace des institutions concernées.
Ainsi, l’affaire Epstein continue de produire des ondes de choc bien au-delà des États-Unis. La publication progressive des documents ravive les interrogations sur les réseaux d’influence, les protections politiques éventuelles et les responsabilités partagées.
Par ailleurs, pour les experts du Conseil des droits de l’homme, l’enjeu dépasse le cas individuel d’Epstein, il s’agit de déterminer si des crimes d’une telle ampleur ont bénéficié de complicités structurelles ou d’un système de silence organisé.