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Mali : Les États-Unis envisagent des frappes militaires au Sahel

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© DrLe Mali, pays enclavé de près de 25 millions d'habitants, est en proie depuis 2012 aux violences de groupes armés jihadistes
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L'administration du président américain Donald Trump étudie la possibilité de mener une action militaire au Mali contre le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a rapporté mercredi le Washington Post, citant des responsables américains actuels et anciens, tout en précisant qu'aucune décision n'a été prise à ce stade.

Selon le quotidien, la question fait l'objet de vives discussions au sein de l'exécutif américain, où les hauts responsables demeurent divisés sur l'opportunité de frapper le groupe jihadiste. Sebastian Gorka, directeur principal chargé du contre-terrorisme au Conseil de sécurité nationale, serait le plus ardent partisan du recours à la force, indiquent ces sources, qui se sont exprimées sous couvert d'anonymat. Si elle était approuvée, une telle opération ferait du Mali le huitième pays visé par des frappes ordonnées par Donald Trump depuis le début de son second mandat, souligne le journal, alors que le président américain avait promis de consacrer celui-ci à l'apaisement des conflits dans le monde.

Fondé en 2017 et basé au Mali, le JNIM s'est imposé comme la force jihadiste la plus redoutable du Sahel. Le groupe, inscrit sur la liste américaine des organisations terroristes étrangères, a considérablement étendu son emprise ces dernières années, jusqu'aux pays côtiers d'Afrique de l'Ouest, au point de figurer parmi les insurrections les plus lourdement armées au monde. Toute intervention militaire américaine directe au Mali comporterait toutefois un risque de confrontation avec les forces russes déployées dans le pays aux côtés de la junte au pouvoir à Bamako. Elle pourrait nécessiter des mécanismes de « déconfliction » entre Washington et Moscou, comparables à ceux mis en place en Syrie durant la guerre civile, relève le Washington Post.

Le dossier est d'autant plus sensible que l'armée malienne et ses partenaires russes sont accusés de lourdes exactions. Selon les données du projet ACLED (Armed Conflict Location & Event Data), elles ont été responsables de 925 morts civils l'an dernier, contre 232 imputés aux groupes jihadistes. Héni Nsaibia, analyste principal pour l'Afrique de l'Ouest au sein de cet organisme, juge « extrêmement problématique » qu'une puissance occidentale apporte son soutien à des régimes dont la légitimité reste contestée, en référence au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Washington a pourtant renoué le contact avec Bamako ces derniers mois. Dans le cadre d'un effort de réengagement au Sahel, l'administration Trump a intensifié l'an dernier le partage de renseignements avec l'armée malienne, selon le quotidien américain.

Le Mali, pays enclavé de près de 25 millions d'habitants, est en proie depuis 2012 aux violences de groupes armés jihadistes, auxquelles s'ajoutent celles attribuées aux forces de la junte et à ses supplétifs russes.

Yacouba DOUMBIA