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Niger : Deux hélicoptères venus du Burkina Faso n'ont pu se poser à Niamey

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Deux hélicoptères de renfort venus du Burkina Faso n'ont pas pu atterrir à Niamey samedi, alors que des militaires insurgés restaient retranchés sur la base aérienne 101 et que les tirs s'estompaient à la mi-journée dans la capitale nigérienne, a appris LAvenir.ci de sources sécuritaires concordantes.

Ni Niamey ni Ouagadougou n'ont communiqué sur cet appui. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont liés par le pacte de défense mutuelle de l'Alliance des États du Sahel (AES), qui prévoit une assistance en cas d'agression ou de menace intérieure visant l'un de ses membres. L'engagement d'un moyen aérien burkinabè au-dessus de la capitale d'un pays partenaire constituerait la première mise en œuvre visible de cette clause depuis la signature du traité. Sur le terrain, des négociations se sont ouvertes entre les insurgés et les autorités de transition, selon les mêmes sources, dans un contexte décrit comme très volatil. La Garde présidentielle, unité pivot du dispositif de sécurité du général Abdourahamane Tiani, se prépare dans le même temps à donner l'assaut contre la base attenante à l'aéroport international Diori-Hamani, où les mutins se sont installés.

L'identité des meneurs demeure inconnue. Il s'agirait pour l'essentiel de capitaines, dont aucun n'a été nommément identifié à ce stade. Aucun communiqué, aucune revendication et aucune structure militaire concurrente n'ont été rendus publics depuis le déclenchement des événements, ce qui distingue cette action des précédents putschs nigériens, généralement suivis d'une déclaration à la télévision nationale. Le pouvoir, lui, refuse de parler de tentative de coup d'État. Dans un communiqué lu à la télévision publique et signé du ministre de la Défense nationale, le général Salifou Mody, les autorités ont évoqué « un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire » ayant « entrepris de séquestrer » des camarades et effectué des tirs sur des sites sensibles de Niamey. Le régime a affirmé « reprendre progressivement le contrôle » de la situation. Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) a pour sa part appelé la population au calme et à ne pas relayer d'informations non vérifiées.

La confusion des dernières heures a produit ses effets au-delà de la capitale. Un début d'agitation a été signalé au sein de casernes à Tillabéri et à Téra, dans l'ouest du pays, zone la plus exposée aux attaques des groupes jihadistes et où sont stationnées d'importantes unités opérationnelles. Ces mouvements, encore circonscrits, sont suivis avec attention par le commandement, qui redoute un effet de contagion. Les vecteurs aériens nigériens ne sont pas encore entrés en scène, ce qui laisse ouverte l'hypothèse d'un dénouement négocié plutôt que d'une reprise en force. Un drone a été abattu par les insurgés au début des événements. La base 101, qui abrite la flotte aérienne de l'armée nigérienne, est visée pour la troisième fois cette année. Elle avait été attaquée en janvier 2026, action revendiquée par l'organisation État islamique, puis quelques mois plus tard par le Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM).

Le général Tiani dirige le Niger depuis le renversement, le 26 juillet 2023, du président élu Mohamed Bazoum. Aucune information officielle n'a été communiquée sur sa localisation depuis le début des affrontements.

Yacouba DOUMBIA