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Sénégal : Après son limogeage, Sonko dit dormir « le cœur léger »

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Le Sénégal vient de vivre un tournant politique majeur. Le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé, le 22 mai, la fin des fonctions de son Premier ministre Ousmane Sonko ainsi que de l’ensemble du gouvernement.

Cette décision, survenue quelques heures seulement après une intervention remarquée de Sonko devant le Parlement, illustre la montée des tensions au sommet de l’État. Ainsi, dans une allocution brève diffusée par la Radiotélévision sénégalaise (RTS), le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, a confirmé la signature du décret présidentiel. Dès lors, le gouvernement sortant se voit confier la gestion des affaires courantes. Ce limogeage consacre une rupture politique entre deux figures qui, pourtant, avaient conquis le pouvoir en 2024 sous la bannière du parti PASTEF – Les Patriotes.

Or, Ousmane Sonko n’était pas un Premier ministre docile. Quelques heures avant son éviction, il avait déclaré devant les députés qu’il n’était « pas un Premier ministre qui obéit aveuglément », reconnaissant des divergences avec le président tout en minimisant leur impact sur le fonctionnement de l’État. Cependant, ces tensions, apparues progressivement, avaient déjà été évoquées début mai par Bassirou Diomaye Faye, qui avait laissé entendre qu’une perte de confiance pourrait entraîner une rupture.

De plus, la réaction de Sonko après son limogeage a marqué les esprits. Sur les réseaux sociaux, il a écrit : « Ce soir, je dormirai le cœur léger. » Une formule qui traduit à la fois sérénité et défi. Dans la foulée, le PASTEF lui a rendu hommage, saluant « sa rigueur, son patriotisme et son engagement », tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre « le projet » porté lors des élections de 2024.

Par ailleurs, ce départ intervient dans un climat politique tendu. Devant le Parlement, Sonko avait dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de l’Occident « d’imposer l’homosexualité au reste du monde ». Il a notamment critiqué « les gesticulations » venues « particulièrement de France », défendant la loi sénégalaise adoptée en mars et durcissant les peines contre les relations homosexuelles, désormais passibles de cinq à dix ans de prison.

En somme, le limogeage d’Ousmane Sonko ne se limite pas à un simple changement de gouvernement : il révèle une fracture politique profonde et ouvre une nouvelle phase dans la trajectoire du président Bassirou Diomaye Faye. Reste à savoir comment cette recomposition influencera l’avenir du PASTEF et, plus largement, la scène politique sénégalaise.