
Le retour fait du bruit. Joseph Kabila, condamné à mort pour trahison et crime de guerre, dirige désormais le FRN, une alliance qui compte dans ses rangs le groupe armé M23. Et le moment n'a rien d'anodin, car l'avenir politique de Félix Tshisekedi, dont le mandat s'achève en 2028, nourrit des tensions de plus en plus vives.
Lundi 12 octobre 2026 soir, depuis Goma, on a donc appris la naissance de ce mouvement à la fois politique et militaire. Il réunit le M23, soutenu par le l'Alliance Fleuve Congo (AFC). L'ancien chef de l'État, qui a dirigé le pays de 2001 à 2019, s'est présenté devant la presse entouré de plusieurs responsables du mouvement armé. Il n'a pas dit un mot. Ce sont ses alliés qui ont lu la déclaration politique, et elle ne laisse guère de place à l'ambiguïté.
L'alliance arrive dans un climat déjà électrique. Le second et dernier mandat constitutionnel du président s'achèvera en 2028, et depuis des mois, la majorité présidentielle prépare peu à peu l'opinion à une possible révision de la Constitution, qui lui ouvrirait la porte d'un troisième mandat. L'opposition y voit une manœuvre pour rester au pouvoir. Dans la rue, la tension, les rassemblements de juin et de septembre à Kinshasa et dans plusieurs grandes villes ont été dispersés par les forces de l'ordre, parfois avec violence. Les Nations unies ont fait état d'au moins un mort lors de la première mobilisation.
Après des années passées à l'étranger, Joseph Kabila est réapparu à Goma en 2025, quelques jours seulement après avoir dénoncé en ligne une « dictature » en RDC. Fin septembre, la justice militaire l'a condamné à mort par contumace pour trahison et crime de guerre, les autorités judiciaires le présentant comme l'un des initiateurs de l'AFC.
Rappelons que l'est du pays vit au rythme des violences depuis plus de trente ans. En janvier et février 2025, le M23, soutenu par l'armée rwandaise selon Kinshasa et plusieurs acteurs internationaux, s'est emparé de Goma, puis de Bukavu, face à des forces congolaises dépassées. Les initiatives diplomatiques n'ont pourtant pas manqué. Un accord entre Kinshasa et Kigali sous l'égide de Washington, une médiation qatarie entre le gouvernement et le M23. Mais jusqu'ici, rien de tout cela n'a réussi à faire taire les armes.