
Au total, les forces de l'ordre ont enregistré 136 morts violentes au sein du couple, dont 25 hommes, un chiffre en recul de 19 % sur un an, d'après l'étude nationale annuelle consultée par l'AFP. À cela s'ajoutent 435 tentatives d'homicide. Autrement dit, un décès tous les trois jours environ, sans trêve.Dans la grande majorité des cas, le drame s'est joué à huis clos : 76 % des féminicides et homicides conjugaux ont eu lieu au domicile de la victime ou de l'auteur. Une arme blanche a été utilisée à 52 reprises, une arme à feu dans 30 cas.
Les circonstances, elles, sont parfois d'une banalité glaçante. Un quart des homicides conjugaux (26 %) ont été précédés d'une dispute, et 22 % sont survenus dans un contexte de séparation non acceptée. Il faut dire que ce dernier point revient, année après année, comme un signal d'alarme.
Côté auteurs, le profil reste majoritairement masculin. Ils sont le plus souvent de nationalité française, en couple, sans activité professionnelle ou ayant cessé d'en exercer une. Leur âge médian est de 50 ans, mais l'étude relève une concentration notable chez les 30-39 ans, et une baisse nette chez les 70 ans et plus par rapport à 2024.
Reste la question la plus douloureuse : ces femmes avaient-elles tiré la sonnette d'alarme ? Pour une part d'entre elles, oui. Parmi les victimes, 37 % avaient déjà subi des violences. Et là, un détail pèse lourd : 61 % de ces femmes avaient signalé les faits à la police ou à la gendarmerie, et 88 % avaient même déposé plainte. Elles avaient parlé, mais cela n'a pas suffi. En effet, très peu bénéficiaient d'une protection concrète. Seules deux victimes disposaient d'un dispositif. L'une du « téléphone grave danger » (TGD), accordé dans un cadre judiciaire, l'autre de l'alerte « Monshérif », qui permet de prévenir discrètement des proches choisis à l'avance et de leur transmettre sa localisation.
Ces chiffres rappellent, avec une brutalité qu'aucune statistique ne peut vraiment adoucir, que les violences mortelles au sein du couple persistent en France, malgré les signalements et les dispositifs existants.