Politique

Steve Beko (Sur l’arrestation de JFK) : « La politique est un terrain miné »

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L’arrestation du ‘’candidat des jeunes’’, Jean-François Kouassi (JFK), le jeudi 8 janvier 2026, par les autorités judicaires, continue de faire beaucoup de bruits.

Cadre du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Fabrice Lago, connu pour ses prises de paroles, n’a pas manqué de réagir sur cette affaire. A l’écouter, la politique en Côte d’Ivoire est ‘’un terrain miné’’ pour les jeunes. « En Côte d’Ivoire, la judiciarisation de la parole publique a un effet que l’on sous-estime souvent. Elle détourne les jeunes de la politique. Et pas par ignorance, mais par lassitude. Quand chaque opinion peut devenir un dossier, quand chaque critique peut se transformer en arrestation, le message est clair que la politique est un terrain miné. Résultat, les jeunes s’en écartent », a-t-il écrit sur sa page Facebook, ce vendredi 9 janvier 2026. 

La conséquence de cet état de fait, selon Fabrice Lago qui est communément appelé Steve Beko, c’est que la nouvelle génération de la population ne s’intéresse plus aux débats politiques dans le pays. « Une génération qui ne débat pas finit par se passionner pour des guerres de buzz, des polémiques de surface, des querelles de célébrités, des shows numériques sans enjeu. Et ce n’est pas parce qu’elle est frivole. C’est parce que c’est là que la parole est autorisée, là où le risque est nul, là où l’on peut exister sans payer le prix », a-t-il dénoncé. Car pour lui, les arrestations de certaines personnes dont des jeunes pour s’être ‘’exprimés’’ les pousse à désormais à s’éloigner des sujets politiques. Mais ne nous y trompons pas, rappelle-t-il. 

« Le désintérêt n’est jamais durablement un désintérêt. Il finit toujours par devenir indifférence, puis mépris, puis rupture. Une société ne peut pas demander à sa jeunesse de porter son avenir tout en lui retirant le droit de contester son présent. L’histoire politique ivoirienne a prouvé que la jeunesse n’est jamais absente du débat. Elle s’en retire seulement quand elle n’y est plus admise », a-t-il prévenu.

A le suivre, l’arrestation puis le transfèrement en prison de Jean-François Kouassi pour ‘’diffamation’’ à l’endroit d’une personnalité de l’Etat, ne s’est pas faite dans les ‘’normes’’. Car pour lui, un ministre est un citoyen. Ainsi, « s’il s’estime diffamé, il porte plainte et la procédure suit son cours. Et surtout, il faut un procès public où l’on peut confronter les arguments des uns et des autres ». 

Sauf que les choses ne se seraient pas déroulées ainsi selon Fabrice Lago. Qui estime « dans notre pays, les jeunes qui s’intéressent à la politique et qui osent avoir un avis contraire à celui des dirigeants sont arrêtés, violemment quelques fois. Puis enfermés en prison sans procès. Ensuite, on conseille aux familles et aux proches de demander pardon aux autorités ». 

En clair pour Fabrice Lago, la démocratie ne « se construit pas par l’obéissance, mais par l’expression. La jeunesse ne se forme pas au silence, mais à la contradiction ».