
Selon des informations concordantes recueillies auprès de plusieurs sources, une offensive médiatique savamment orchestrée depuis l’Europe vise à instrumentaliser ce scandale international pour fragiliser le pouvoir d’Abidjan.
Au cœur de cette opération présumée, le nom de Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) est cité. Selon nos sources, lui et sa sœur, Yamousso Thiam, seraient à la manœuvre dans une campagne d’amplification visant certains médias français et britanniques. Objectif : amplifier, coûte que coûte, l'affaire concernant Côte d’Ivoire dans le sulfureux dossier Jeffrey Epstein.
Une stratégie de lobbying ciblée
D’après plusieurs témoignages concordants, des démarches actives ont été engagées depuis Paris pour convaincre des rédactions européennes de relayer des éléments liant l’entourage du président Alassane Ouattara à l’affaire Epstein. Au centre de ces manœuvres figure R.N., ancien correspondant d’un grand média français en Côte d’Ivoire, aujourd’hui chroniqueur dans un média africain. Mandaté, selon nos informations, pour démarcher des rédactions, il a multiplié les prises de contact afin de « pousser » le sujet à l’agenda médiatique. « Il s’agit d’une opération d’influence soigneusement calibrée », confie une source diplomatique occidentale basée à Abidjan, évoquant des tentatives répétées d’inscription du dossier dans le traitement éditorial de plusieurs médias européens. Une mécanique bien huilée : sélectionner des éléments, suggérer des angles, insister sur des insinuations. Bref, faire du bruit, même sans preuve nouvelle. Et comme souvent dans ce type de séquence, la rumeur précède la démonstration.
Le communiqué de la discorde
Sur le plan local, la tentative n’aurait pas rencontré l’écho espéré. Selon nos informations, plusieurs médias ivoiriens, prudents face à un dossier aussi explosif que sensible, ont refusé de relayer des allégations non étayées. Face à cette résistance, Thiam a activé son parti, le PDCI-RDA pour un communiqué officiel, rédigé par le service de communication. Un texte mesuré en apparence, mais qui trahi, selon des observateurs, un embarras palpable. « On sent qu’il marche sur des œufs », glisse un analyste politique à Abidjan.
Pour plusieurs observateurs de la scène politique ivoirienne, cette séquence ressemble à une fuite en avant. « Instrumentaliser un scandale international à des fins partisanes est une stratégie risquée et malsaine », estime l’un d’eux. Une source interne au parti va plus loin : « S’impliquer personnellement dans la gestion d’un dossier aussi inflammable pourrait le desservir. Pour quelqu’un de son calibre, c’est une erreur stratégique. »
En toile de fond, une question demeure : à vouloir jeter l’ombre sur ses adversaires, ne risque-t-on pas de s’exposer soi-même à la lumière crue des faits ? Une chose est sûre : dans cette affaire, la bataille ne se joue pas seulement sur le terrain politique, mais aussi dans l’arène médiatique. Et à trop vouloir manipuler le récit, certains pourraient bien se retrouver pris à leur propre piège.
Yacouba Doumbia