
C’est la principale information qui secoue, ce mardi 10 mars l’actualité politique en Côte d’Ivoire.
Selon le communiqué de presse, cinq mois presque après cette élection qui a vu le président sortant, Alassane Ouattara, être réélu à la tête du pays, plusieurs personnes qui avaient été arrêtées, demeurent encore dans les geôles du Pôle pénitentiaire d’Abidjan (Ppa). Et le plus touchant dans cette note, c’est la présence de plusieurs femmes dont le niveau de grossesse semble être avancé.
Une situation que cette organisation internationale juge de très ‘’inquiétante’’ par son Directeur régional, Marceau Sivieude pour l’Afrique de l’ouest. « Aujourd’hui, cinq mois après leur arrestation, des personnes sont toujours détenues uniquement parce qu’elles se sont trouvées à proximité des manifestations. Les autorités ivoiriennes doivent ordonner leur libération », a-t-il souligné. Avant d’expliqué que, selon des informations recueillies, plusieurs de ces détenus sont privés de soins de qualité, mais également ne peuvent recevoir de visite de leurs familles.
A l’écouter, parmi ces personnes détenues, plusieurs n’avaient pas pris part à cette manifestation organisée par les politiques de l’opposition. Ceux-ci, pour la plupart, se sont retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Et le pire, c’est qu’ils ont été condamnés, sans la présence d’un avocat, rappelle ce communiqué. Ces personnes ont été jugées pour ‘’troubles à l’ordre public ; participation à une marche interdite ; attroupement sur la voie publique’’.
En clair, ce responsable d’Amnesty international estime ces personnes ont été arrêtées dans des conditions ‘’illégales’’ et ‘’injustifiées’’. « Dans les cas où les infractions ne sont pas formellement établies, les charges pesant sur ces détenus doivent être levées et ces personnes immédiatement libérées. Les procès en première instance et en appel doivent se tenir au plus vite et dans le respect des droits de la défense. Les autorités ivoiriennes ont également le devoir de garantir des soins médicaux appropriés aux personnes détenues, y compris les soins prénataux, et de faciliter les visites familiales », a-t-il déclaré.
Pour lui, le recours à une interdiction générale de manifester en octobre 2025 a représenté un ‘’échec cuisant’’ des autorités ivoiriennes dans la défense du droit à la liberté de réunion pacifique. « Nous exhortons les autorités ivoiriennes à libérer toutes les personnes détenues uniquement pour avoir participé à des manifestations pacifiques. Les autorités ivoiriennes doivent garantir et assurer les droits humains de chacun, y compris les droits à la liberté, à la liberté d'expression et à la liberté de réunion pacifique et respecter les obligations internationales du pays en matière de droits humains », a-t-il invité.
L’une des femmes est mère de cinq enfants et porte une grossesse de six mois. Elle a été arrêtée le 11 octobre dernier alors qu’elle avait sur elle, un tee-shirt aux couleurs d’un parti de l’opposition. L’autre femme qui est presque à terme de sa grossesse, est commerçante et mère de quatre enfants. Elle aussi a été interpellée le 11 octobre pendant qu’elle vendait du jus de fruits à proximité du lieu de manifestation. Une troisième qui est enceinte de sept mois se trouve également dans les mêmes conditions, mais est en détention provisoire.
« Ces femmes ont été prises lors de rafles, alors qu’elles vaquaient à leurs occupations. Elles se trouvent dans un environnement qui n’est pas propice au bon déroulement d’une grossesse. Elles sont très affectées moralement et physiquement, » a déclaré Sylvain Tapi, leur avocat. Qui a appelé par ailleurs leur libération immédiate.