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En France pour les municipales : Assalé Tiémoko dépeint les réalités des maires de Côte d'Ivoire

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En France depuis quelques jours dans le cadre des élections municipales, le maire de la commune de Tiassalé, Assalé Tiémoko Antoine, n'a pas manqué de dépeindre, ce dimanche 22 mars, la réalité des maires de Côte d'Ivoire.

Dans un long texte comparatif, le maire de cette commune située dans la région du Sassandra, a salué le rôle et l'importance qu'ont les premiers magistrats dans les villes de France.

"Le dimanche 15 mars dernier, j'ai assisté, ici en France, au premier tour des élections municipales. Ce dimanche 22 mars, j'assiste au second tour. Je mesure, une fois de plus, à quel point, en raison de l'impact direct qu'ils ont sur la vie quotidienne, les maires occupent la première place dans le cœur des français", a-t-il expliqué. 

A l'écouter, dans ce pays colonisateur de la Côte d’Ivoire, les maires disposent d'un pouvoir réel. Ils sont, selon lui, assis sur de véritables compétences transférées et sont adossés à des ressources conséquentes. "Ils ont les moyens d'agir. Ils interviennent concrètement dans la vie des habitants, à travers des politiques sociales ambitieuses y compris dans le domaine du transport public", a indiqué Assalé Tiémoko. 

Selon lui, dans plusieurs villes du pays, des faveurs sont faites aux populations. Et ce, dans le but d'alléger leur dépense quotidienne. "A Nantes, par exemple où je me trouvais le week-end dernier, les transports publics sont entièrement gratuits chaque week-end, pris en charge par la municipalité. A Paris, les tickets de bus sont largement subventionnés par la ville. Ici, la mairie n'est pas une simple façade : elle a un sens, une utilité, une portée réelle, tangible, visible", a-t-il ajouté. 

Car, à en croire le candidat recalé aux élections présidentielles du 25 octobre 2025, pour améliorer les conditions de vie de leurs populations, les mairies de France n'attendent ni le président Emmanuel Macron ni aucun ministre. "Ils n'ont pas besoin de psalmodier le nom du chef de l'État pour obtenir un kilomètre de bitume, la construction d'un collège ou d'une école primaire. Leur légitimité naît du suffrage, leur action s'entraîne dans le terrain, leur efficacité se mesure dans la vie de tous les jours", a déclaré Assalé Tiémoko. 

Qui estime que c'est tout le contraire des maires de Côte d'Ivoire. "En Côte d’Ivoire, la décentralisation n'est, hélas, qu'un slogan, un décor, sans consistance, un gadget vidé de sa substance. D'année en année, au lieu de transférer compétences et moyens, on recentralise toujours davantage la gestion du pays, empêchant les maires de jouer pleinement leur rôle au service des populations. Les ressources notifiées qui servent pourtant de base à l'élaboration des budgets communaux, ne sont pas totalement reversées. Aucune explication, aucun compte, aucun respect", a dénoncé le maire de Tiassalé. 

Il va plus loin pour dire qu'en 2024, ce sont 16 milliards de F Cfa destinés aux collectivités qui n'ont pas été versés. A ce jour, nul ne sait où est passé l'argent, affirme-t-il. "En 2025, 34 milliards supplémentaires n'ont pas été reversés aux collectivités. Là encore, personne ne sait où c'est fonds se trouvent ni qui en a disposé ni au bénéfice de qui. Dans le même temps, on a versé 12 milliards par an, pendant 5 ans, à des ministres-gouverneurs qui n'ont strictement rien apporté aux populations ivoiriennes. Et sans qu'ils n'aient présenté le moindre bilan, ces districts ont été purement et simplement supprimés et la vie continue, comme si de rien n'était", a dénoncé Assalé Tiémoko. 

En clair, pour lui, si en France, les maires ont les moyens pour lutter contre la pauvreté, ici en Côte d’Ivoire les dirigeants ne semblent pas être disposés à le faire. "La preuve, par une simple circulaire ministérielle, depuis trois ans, il est interdit aux maires Ivoiriens de consacrer plus de 10% de leur budget de fonctionnement à leur politique sociale", a-t-il déclaré.