
Le porte-parole du PDCI-RDA, Bredoumy Soumaïla Kouassi, a animé une conférence de presse, mercredi 13 mai, à la Maison du parti à Cocody. Face à la crise qui secoue le vieux parti, le conférencier a voulu rassurer militants et sympathisants sur la solidité de la formation politique et sa détermination à reconquérir le pouvoir d’État. « Le PDCI-RDA reste debout pour la reconquête du pouvoir d’État. C’est le parti qui a construit les institutions de ce pays, posé les bases de l’État moderne et fait du dialogue ainsi que de la paix des principes fondamentaux de gouvernance », a-t-il déclaré.
Dans son adresse, le porte-parole a rappelé les nombreuses épreuves traversées par le parti depuis plusieurs décennies. Selon lui, malgré le multipartisme des années 1990, la perte du pouvoir en 1999, les crises successives et les multiples tentatives de déstabilisation, le PDCI-RDA a toujours résisté. « Nous sommes là, et nous serons toujours là. Nous n’avons pas vocation à transformer nos militants en exilés politiques ou en réfugiés dans des espaces de survie », a-t-il insisté, avant de réaffirmer l’ambition du parti : « gérer à nouveau ce pays pour le progrès de tous et le bonheur de chacun ».
Dissolution de la CEI : le PDCI réclame un nouvel organe crédible
Revenant sur la dissolution de la Commission Électorale Indépendante, le porte-parole du PDCI-RDA a appelé à la mise en place d’un nouvel organe électoral indépendant. Tout en prenant acte de cette décision, le parti historique exige qu’une large concertation nationale précède la création de la future institution électorale. Pour Bredoumy Soumaïla Kouassi, il ne s’agit pas simplement de remplacer la CEI, mais de réformer en profondeur l’environnement électoral ivoirien.
Il a insisté sur la nécessité de garantir la "libre expression des opinions politiques ainsi que le respect strict du principe de séparation des pouvoirs". Le conférencier a également dénoncé l’absence de révision de la liste électorale en 2025, contrairement aux dispositions légales et aux attentes des partis politiques et des populations. Il a souligné qu’aucun calendrier électoral clair n’avait été communiqué pour l’année 2026 avant la dissolution de la CEI. Face à cette situation, le PDCI-RDA appelle à l’ouverture urgente d’un dialogue politique national inclusif réunissant partis politiques, société civile et acteurs du processus électoral afin de garantir des élections apaisées et transparentes.
Le PND 20262030 qualifié « d’illusion économique »
tation entraînera une forte pression fiscale sur les ménages et les entreprises". Le parti s’interroge aussi sur l’objectif de réduction du taux de pauvreté de 37,7 % à 20 % d’ici 2030. « Le gouvernement veut réaliser en quelques années ce qu’il n’a pas réussi à accomplir en quatorze ans », a fustigé le porteparole.
Éducation, emploi et agriculture au cœur des critiques
Sur le volet éducation, le PDCI-RDA déplore la baisse du niveau moyen de scolarisation, passé de six années en 1999 à 4,2 années en 2025, sans véritable mesure corrective annoncée dans le PND. Concernant l’emploi, le plan gouvernemental prévoit la création de trois millions de postes, alors que les besoins réels sont estimés entre cinq et six millions d’emplois selon le parti.
Enfin, Bredoumy Soumaïla Kouassi a dénoncé la faible productivité agricole du pays ainsi que les conséquences de l’orpaillage clandestin sur les terres cultivables et les ressources en eau. Le PDCI-RDA appelle ainsi le gouvernement à une révision en profondeur du PND 2026-2030 afin de l’adapter aux réalités économiques et sociales du pays, dans un souci de transparence et de souveraineté financière.