
Dans un article diffusé sur son site, la célèbre radio française constate, comme bien des observateurs de la scène politique nationale, que l’absence prolongée de Tidjane Thiam hors du pays, handicape la vitalité du PDCI. Et partant, suscite, naturellement, des grincements de dents. Le confrère relève que depuis qu’il s’est planqué en France, Thiam est aux abonnés absents quand son parti organise des événements majeurs. Absent physiquement, il n’en hante pas moins les espaces où se tiennent ces rassemblements.
« Absent pour le 80e anniversaire du parti, absent des réunions du bureau politique, absent même durant la création du Front commun, une alliance politique avec l’ancien président Laurent Gbagbo himself. Tidjane Thiam reste invisible, même si l’on sent toujours sa présence, tel un fantôme. », note le confrère.
Une absence prolongée qui dérange
Cette absence prolongée pose problème. A en croire Rfi, la situation semble gêner aux entournures bien des dignitaires et militants du PDCI et suscite deux types de réactions : d’une part, ceux qui y voient un réel problème et n’osent pas le dire publiquement et d’autre part, ceux qui n’en peuvent plus de voir perdurer cette présence fantomatique de leur leader.
Pour les premiers, fait observer le confrère, « le cas Thiam reste l’éléphant dans la pièce » c’est-à-dire que c'est un problème que tout le monde remarque mais dont personne ne veut parler, parce qu’embarrassant. Pour les seconds, il y a lieu de crever l’abcès en dénonçant ce télétravail auquel se livre Tidjane Thiam depuis qu’il s’est retiré dans l’Hexagone. Pour ceux-là, « la prolongation de son exil devient de plus en plus incompréhensible », souligne le confrère.
Une plainte déposée contre le « président fantôme »
Au nombre de ceux qui refusent de se contenter de murmurer dans leurs salons, un cadre du parti nommé Charles Abié Tchétché. "Une attente devenue bien longue pour certains cadres du parti. Tel Charles Abié Tchétché, membre du bureau politique, qui a saisi la justice pour constater la vacance du poste de président », rapporte la radio française. D’ailleurs, cette absence prolongée parasite le fonctionnement du parti au point d’engendrer des mouvements d’humeur chez bien des cadres.
« Et pour couronner le tout, les maires d’Abidjan Jacques Ehouo (Plateau), Sylvestre Emmou (Port-Bouet) et Jean-Marc Yacé (Cocody) refusent d’intégrer leur groupe parlementaire, présidé par Me Jean-Chrysostome Blessy que les trois élus accusent d’avoir été imposé par la haute hiérarchie du parti. Ils seront suivis par trois députés supplémentaires trois mois plus tard, eux aussi reprochant « un défaut de concertation, un déficit de communication et l’exclusion de députés du bureau de l’Assemblée nationale », relève le confrère.
Un homme politique hors sol, à la « stratégie floue »
Une situation qui est pour quelque chose dans les mauvais résultats récoltés par le PDCI aux élections législatives du 25 décembre 2025. « Aux législatives qui ont suivi en décembre, le parti perd la moitié de ses sièges de députés à l’Assemblée nationale », fait observer la radio mondiale. Qui met cette contre-performance au compte du manque de lisibilité de la stratégie politique de l’ancien patron du Crédit Suisse.
« Mais plus que l’absence de « Titi », c’est le flou de sa stratégie qui interroge depuis son retour en Côte d’Ivoire en 2022 », tacle le confrère, non sans laisser entendre que tout cela est, au fond, la conséquence d’un vécu politique hors sol. Le confère souligne, en effet, qu’il est reproché à Thiam « d’être déconnecté des réalités locales après 22 ans hors du pays ». Au moment où le PDCI commémore le 80e anniversaire de sa création, la situation problématique de son président continue de secouer le parti.