Politique

Après la rupture avec le FPI : Mamadou Koulibaly revient sur ce qui l’a opposé à Gbagbo

apres-la-rupture-avec-le-fpi-mamadou-koulibaly-revient-sur-ce-qui-la-oppose-a-gbagbo
© Droits réservés
PARTAGEZ
Resté longtemps discret sur les circonstances de cette rupture avec son ex-patron, Laurent Gbagbo, Pr Mamadou Koulibaly s'est enfin expliqué lors d’une rencontre avec la diaspora ivoirienne en France, dont la vidéo a été abondamment relayée sur la toile.  

Selon ses explications, la séparation d’avec ses excompagnons de lutte est partie d’une décision prise par le Conseil constitutionnel le 2 décembre 2010, en violation du cadre légal en vigueur. Suite à une requête introduite par le candidat Laurent Gbagbo, le juge constitutionnel avait retiré à la Commission électorale indépendante (CEI) ses prérogatives au motif que celle-ci était forclose ; une décision qui, selon l'universitaire, ne reposait sur aucune base juridique solide.  « Les textes disent que la commission électorale a trois jours pour transférer les PV au Conseil constitutionnel.

Nulle part il n'est dit qu'elle a trois jours pour proclamer les résultats », rappelle Mamadou Koulibaly. Et de préciser que le fait « qu'une institution de la République prenne sur elle, à la demande d’un candidat, la responsabilité de décharger une autre institution de ses pouvoirs, dans notre disposition constitutionnelle, ça n'existe pas. »  « Ces deux décisions n’ont jamais fait partie de mon consentement », dixit Mamkoul  

Le lendemain, poursuit-il, une nouvelle décision du Conseil constitutionnel proclamant Laurent Gbagbo vainqueur, après annulation des résultats dans plusieurs localités du nord du pays, a renforcé son malaise. « Je vous assure et je vous le dis plus clairement, ces deux décisions n'ont jamais fait partie de mon consentement, de mon assentiment. Pour moi, ce n'était pas normal », a-t-il déclaré

Il indique avoir alerté ses camarades

L’ancien président intérimaire du Front populaire ivoirien (FPI) indique avoir alerté ses camarades de parti dès les premières heures de cette crise. Selon lui, les accusations de fraudes et les graves irrégularités qui ont émaillé le second tour de la présidentielle de novembre 2010 auraient dû aboutir à la reprise du scrutin, conformément à la législation. " Mon problème était le suivant : si on dit que Ouattara a triché, il y a eu cafouillage, alors conformément aux dispositions de l’article 64, on annule tout et on reprend. On m'a dit : "non, Mugabe a l'habitude de faire ça il ne se passe rien, donc on va le faire aussi" », a-t-il regretté, insistant sur le fait que ces choix n’étaient pas « réguliers ».

Aristide OTRE