
Dans une longue publication sur ses différents réseaux sociaux, le lundi 31 août 2026, Jean-Claude Coulibaly a invité le gouvernement ivoirien et toutes les autres institutions impliquées dans cette lutte à avoir une vision holistique sur ce phénomène.
"On parle beaucoup des orpailleurs clandestins. On montre les trous, les pelleteuses, les rivières couleur café au lait et les terres éventrées. Très bien. Mais une question demeure : qui paie l'addition avant même que le chantier ne commence ?", s'est-il d'emblée questionné. Pour lui, l'arrivée dans les villages de ces orpailleurs, avec des machines, du carburant, des motos, des moyens logistiques, ne se fait pas par magie. Au contraire, derrière chaque action, il y a bien un portefeuille.

"L'orpaillage clandestin n'est pas seulement une catastrophe écologique. Il devient, dans certaines zones, une bombe sociale, économique, démographique et sécuritaire. Des localités voient leur population augmenter brutalement sous l'effet de l'arrivée massive de travailleurs attirés par l'or. Et quand une population augmente plus vite que les capacités d'une localité, tout craque : l'eau, l'électricité, les centres de santé, les écoles, les logements, l'assainissement et la sécurité", a-t-il expliqué. En clair, pour l'ancien patron des journalistes de Côte d'Ivoire, tous ces mouvements incontrôlés des populations peuvent logiquement bouleverser les équilibres sociaux dans les villages.

Des choses qui peuvent évidemment créer l'avènement de nombreux trafics de drogue, la prostitution, les violences et parfois la circulation des armes. D'où son regard tourné vers l'État et autres institutions. "Et c'est précisément ici que l'État doit changer de méthode. Arrêter uniquement l'ouvrier qui descend dans le trou ne suffit pas. Il faut remonter du trou jusqu'au bureau climatisé. Qui finance les machines ? Qui fournit le carburant ? Qui facilite l'accès aux terres ? Qui protège les sites ? Qui ferme les yeux ? Qui récupère l'or ? Qui organise les circuits financiers ? Et surtout, qui, parmi les élus, responsables administratifs, opérateurs économiques ou autorités locales éventuellement impliqués, profite du système ?", a-t-il demandé.

À en croire Jean-Claude Coulibaly, les élus locaux ou autorités administratives sont et doivent être les premiers garants des populations. Ils ne doivent donc pas être impliqués dans l'exploitation clandestine de leurs propres terres. Car, si c'était le cas, ces élus seraient en train de trahir leur mandat. "La Haute autorité pour la bonne gouvernance, la justice, les forces de sécurité et les administrations compétentes doivent pouvoir regarder partout, y compris là où les dossiers deviennent politiquement inconfortables. La bonne gouvernance qui s'arrête devant le portail des puissants devient simplement de la décoration institutionnelle. La Côte d'Ivoire doit donc passer à une autre étape : frapper la tête du système. Identifier les financiers, démanteler les réseaux", a-t-il plaidé.
Parce que pour lui, si l'État se contente d'arrêter les ouvriers sans arrêter les financiers, ce sont des rivières, des terres agricoles détruites, et les communautés profondément déstabilisées, que la Côte d'Ivoire aura comme héritage d'ici peu.