
Ni l'état-major général des armées ni le ministère de la Défense n'avaient confirmé l'information dans l'immédiat. Les circonstances et le lieu du décès n'ont pas été précisés.
Âgé de 58 ans, l'officier commandait depuis plusieurs années la 2e région militaire, à Daloa, où il avait reçu le 10 avril dernier le chef d'état-major général des armées, le général d'armée Lassina Doumbia, venu inspecter les infrastructures de la garnison. Ensuite, il est apparu à la ceremonie du défilé militaire, le 7 août à Yopougon.
Du rang de caporal au commandement d'une région militaire
Né en 1968 à Bondoukou, dans le nord-est du pays, Fofié Kouakou Martin intègre les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) à la fin des années 1980. Simple caporal, il se fait remarquer une première fois en 1990, lors d'une mutinerie de jeunes soldats, puis en décembre 1999, quand il rejoint le groupe de militaires qui soutient la prise du pouvoir par le général Robert Gueï.
En septembre 2002, il prend part à la tentative de coup d'État qui se transforme en rébellion armée et coupe le pays en deux. Sous la bannière du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), devenu les Forces nouvelles de Guillaume Soro, il gravit rapidement les échelons et se voit confier le commandement de la zone 10, celle de Korhogo, dans l'extrême nord. Il y règne pendant près d'une décennie, aux côtés d'autres chefs de guerre devenus célèbres comme Issiaka Ouattara dit Wattao, Chérif Ousmane, Zakaria Koné ou Morou Ouattara.
Au lendemain de la crise postélectorale, en avril 2011, c'est à Korhogo qu'est placé en résidence surveillée l'ancien président Laurent Gbagbo, sous la garde des hommes de Fofié Kouakou. Le 3 août de la même année, l'officier est nommé commandant de la compagnie territoriale de la ville.
Sa trajectoire épouse ensuite celle de l'intégration des ex-combattants dans l'armée régulière. Muté en janvier 2017 à la 2e région militaire de Daloa comme commandant en second, il est admis en 2018 comme auditeur libre à l'École nationale d'administration (ENA), avant d'être promu colonel-major en décembre 2021, dans une fournée de trente-deux officiers issus pour beaucoup de l'ancienne rébellion. Le 31 juillet 2023, il recevait la médaille d'argent de l'ordre du Mérite, à la tête de la région militaire dont il avait entre-temps pris le commandement.
Yacouba DOUMBIA