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Troubles de la présidentielle 2025 : Katinan Koné inculpé pour « actes terroristes » et écroué

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Justin Koné Katinan, quatrième vice-président du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, a été placé sous mandat de dépôt à l'issue de l'ouverture d'une information judiciaire pour « actes terroristes », « complot contre l'autorité de l'État » et « participation à un mouvement insurrectionnel », en lien avec « les troubles survenus pendant la période électorale de 2025 », a annoncé vendredi le procureur de la République près le tribunal de première instance d'Abidjan.

Convoqué mercredi à la préfecture de police d'Abidjan après une plainte du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir), l'ancien porte-parole de Laurent Gbagbo pendant son exil a été gardé à vue puis « déféré à la Section antiterroriste du tribunal d'Abidjan », indique le communiqué signé du procureur Oumar Braman Koné.

L'information judiciaire vise en outre, notamment, « attentat contre l'autorité de l'État », « atteinte à l'ordre public », « apologie des crimes de meurtre », « attroupement armé et non armé », « participation et organisation d'une manifestation interdite ou non déclarée » et « incendie volontaire de véhicule appartenant à autrui », pour des faits « commis à Abidjan et sur l'ensemble du territoire ». Le parquet s'appuie sur les articles 3, 8 et 10 de la loi du 11 juin 2024 portant répression du terrorisme et sur une douzaine d'articles du Code pénal.

Cette procédure s'ajoute à celle ouverte sur plainte du RHDP. Saisi lundi 7 septembre par le parti au pouvoir pour « diffamation, injure par le biais d'un système d'information et diffusion de nouvelles fausses », le procureur a, à la clôture de l'enquête, demandé la transmission du procès-verbal « en renseignement judiciaire aux fins de saisine du tribunal correctionnel ». M. Koné Katinan devra donc aussi répondre devant cette juridiction de ses propos du 3 septembre à la tribune de son parti, où il imputait au RHDP l'essor de l'orpaillage clandestin, du trafic de drogue et du blanchiment d'argent.

« Par ailleurs », poursuit le communiqué, le magistrat a instruit les officiers de police judiciaire « à l'effet d'entendre » l'intéressé « sur sa participation aux troubles survenus pendant la période électorale de 2025 ». Il rappelle avoir averti, dans un communiqué du 24 octobre 2025, à la veille de la présidentielle, que les violences de cette période ne resteraient pas impunies et que « tous les auteurs, complices et commanditaires de ces actes, quelle que soit leur qualité, seraient recherchés, interpellés et jugés ».

La présidentielle du 25 octobre 2025, remportée par Alassane Ouattara pour un quatrième mandat, s'était tenue sans Laurent Gbagbo ni Tidjane Thiam, écartés de la liste électorale, après des manifestations interdites et des heurts dans plusieurs localités.

Dès jeudi, le PPA-CI avait dénoncé un « harcèlement contre ses cadres » et une justice instrumentalisée, réclamant l'arrêt immédiat et sans conditions des poursuites. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a indiqué mercredi que l'exécutif ne commentait pas les procédures judiciaires en cours.

Yacouba Doumbia

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