
Selon le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, la Côte d’Ivoire enregistre chaque année plus de 20 000 cas de tuberculose. Rien qu’en 2025, 21 587 cas ont été détectés, soit près de 99 cas pour 100 000 habitants. Autrement dit, la maladie persiste et met en évidence les limites du dépistage et de la prise en charge.
Or, le problème ne se limite pas aux frontières nationales. À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé rappelle que la tuberculose demeure la première cause de décès due à une maladie infectieuse. Chaque année, des millions de personnes en sont victimes, particulièrement en Afrique, où pauvreté et manque de ressources sanitaires aggravent la situation.
Ainsi, en Côte d’Ivoire, les données du Programme national de lutte contre la tuberculose, validées par l’OMS, confirment une incidence élevée : plus de 130 cas pour 100 000 habitants ces dernières années. Ce constat souligne l’urgence de renforcer les stratégies de dépistage précoce et de réduire le nombre de cas non diagnostiqués, afin de briser la chaîne de transmission. Mais au-delà des chiffres, la gravité de la tuberculose se mesure à travers sa mortalité. Le professeur Domoua Kouao Médard Serge, spécialiste du traitement de la tuberculose pulmonaire, rappelle qu’avant l’avènement des traitements, près de la moitié des patients succombaient dans les deux années suivant l’évolution de la maladie. Et même aujourd’hui, malgré les progrès, la tuberculose reste la première cause de décès parmi les maladies infectieuses.
D’ailleurs, la facilité de propagation est inquiétante : un malade non traité peut contaminer entre 10 et 15 personnes par an. Pire encore, dans un espace clos et mal ventilé, près de 50 % des particules infectieuses peuvent rester en suspension dans l’air pendant une demi-heure, exposant dangereusement les personnes présentes. En somme, la tuberculose n’est pas une maladie du passé. Elle est bien là, toujours meurtrière, toujours persistante. Et tant que les cas non détectés continueront d’alimenter la chaîne de transmission, la crise restera silencieuse, mais dévastatrice.