
Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre stratégique autour de la « Déclaration d’Abidjan », réunissant élus locaux, membres du gouvernement et partenaires techniques tels que l’OMS, l’UNICEF et GAVI. Sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara, le financement de la vaccination est désormais considéré comme un investissement stratégique, a insisté le ministre, exhortant les maires à intégrer cette priorité dans leurs plans communaux.
Le ministre a salué les avancées du Programme élargi de vaccination (PEV), notamment l’absence de poliovirus sauvage et l’élimination du tétanos néonatal. Toutefois, il a souligné la nécessité de réduire le nombre d’enfants « zéro dose » et de combattre les inégalités d’accès en milieu urbain.
De son côté, le directeur coordonnateur du PEV, Dr Brou Gbotto, a rappelé que la Côte d’Ivoire a bénéficié de plus de 320 milliards FCFA de subventions GAVI depuis 2001. Mais, avec l’amélioration de la situation économique, l’État doit désormais prendre le relais pour financer vaccins et coûts opérationnels.
Concernant les performances, la couverture contre la rougeole reste satisfaisante à Abidjan, sans flambée majeure depuis 2024. En revanche, des traces de poliovirus persistent dans les eaux usées, signe d’une circulation virale active. Plus inquiétant encore, la couverture du nouveau vaccin contre le paludisme demeure faible, alors que la saison des pluies approche. Autre défi : Abidjan, avec ses sept millions d’habitants, ne dispose que de 174 sites de vaccination sur les 3 200 recensés dans le pays. Dr Gbotto a ainsi appelé les maires à mettre des terrains à disposition pour de nouvelles infrastructures.
Les besoins financiers du programme sont estimés à 238 milliards FCFA jusqu’en 2029. Face à la réduction progressive de l’aide de l’Alliance Gavi (stratégie « Gavi 6.0 »), le directeur du PEV a lancé un appel aux collectivités territoriales et au secteur privé pour renforcer les ressources domestiques. L’objectif : préparer l’autonomie vaccinale de la Côte d’Ivoire.