Santé

RD Congo : Crise d'Ebola, plus de 2 000 morts et 4 381 cas confirmés , dernier bilan

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L’épidémie d’Ebola qui sévit en RD Congo n’en finit pas de faire des victimes. D’après le tout dernier décompte publié par les autorités congolaises ce mardi 11 août, la maladie a déjà tué plus de 2 000 personnes, avec 4 381 cas confirmés depuis le mois de mai.

Et la situation ne fait que s’aggraver. Avec ce triste cap franchi, l’épidémie actuelle se rapproche dangereusement de celle de 2018-2020, qui reste la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays. La RD Congo avait officiellement déclaré sa 17e épidémie d’Ebola le 15 mai, avec un peu de retard, et les choses se sont vite envenimées. Sania Nishtar, qui dirige l’Alliance du vaccin Gavi, estimait déjà qu’elle pourrait bien devenir "la plus grande jamais enregistrée dans le monde". Les derniers chiffres, rendus publics mardi, font état de 2 011 décès sur 4 381 cas confirmés. Le seuil symbolique des 1 000 morts avait été dépassé le 22 juillet.

Pour donner une idée, la pire épidémie que le pays avait connue jusque-là avait fait près de 2 300 morts pour environ 3 500 malades, entre 2018 et 2020. C’est dire si la barre est haute, et si le danger est réel.

Partie de la province de l’Ituri, au nord-est du pays, la maladie s’est ensuite propagée à plusieurs provinces du nord-est et de l’est, notamment celle du Nord-Kivu. Ce sont des zones où l’État est déjà fragile et où les structures de santé sont très mal équipées. Autant dire que le terrain n’aide pas.

Les autorités sanitaires estiment le taux de mortalité de cette flambée à 45,9 %. "Nous n’avons pas encore atteint le pic", a prévenu le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, dans une interview diffusée mardi sur X. Il a toutefois voulu rassurer : "Dans les trois mois qui viennent, on pense qu’on aura déjà maîtrisé la progression et qu’on va commencer à voir la diminution" des cas. Reste à voir si cette prédiction se réalisera.

Le vrai problème, c’est que la riposte est compliquée par l’insécurité dans la région, où des groupes armés rôdent encore, et par la défiance d’une partie de la population envers les équipes médicales. "Nous ne voyons que 30 % des personnes, tandis que 70 % des personnes meurent chez elles", a déploré Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, lors d’une conférence de presse lundi à Bunia, la capitale de l’Ituri. "C’est pour cela que cette épidémie d’Ebola est différente", a-t-il ajouté.

Face à cette situation, les experts de l’OMS ont recommandé vendredi de tester le vaccin Ervebo, le seul vaccin homologué contre Ebola, dans le cadre d’un essai clinique. C’est un vaccin qui existe déjà, mais il n’est pas adapté au variant Bundibugyo qui circule actuellement en RD Congo. Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué cette initiative sur X, parlant de "bonnes nouvelles".

L’idée serait d’aller directement en phase 3, une étape qui se fait normalement à grande échelle sur des milliers de personnes, puisque les données déjà collectées sur la sécurité du vaccin sont suffisantes. D’après l’OMS, des doses d’Ervebo, issues du stock mondial constitué et financé par l’Alliance Gavi, seraient mises à disposition pour ces essais.

Ce fameux stock, fabriqué par le laboratoire américain Merck, compte environ 500 000 doses. Certaines sont d’ailleurs conservées en permanence en RD Congo, vu la fréquence des épidémies dans le pays. Pour rappel, Gavi, créée en l’an 2000, rassemble des donateurs publics et privés pour aider les pays en développement à se procurer des vaccins à prix abordable.

Pendant ce temps, le Canada a donné son feu vert à Moderna pour tester un vaccin spécifiquement dirigé contre le Bundibugyo. Et d’autres pistes sont explorées : un vaccin "rVSV Bundibugyo", présenté par l’OMS comme "le plus prometteur" et développé par Hilleman Laboratories, ainsi qu’un projet de l’université d’Oxford, dont le premier volontaire a reçu sa dose fin juillet. De son côté, Washington a annoncé mercredi une enveloppe supplémentaire de plus de 242 millions de dollars pour aider à lutter contre l’épidémie en RD Congo.

Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque de graves fièvres hémorragiques, a déjà tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinquante dernières années. Chaque épidémie rappelle à quel point ce virus reste une menace bien réelle.

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