
C'est le constat alarmant qu'a dressé vendredi le chef des affaires humanitaires de l'ONU, qui en a profité pour lancer un appel pressant à la communauté internationale : « Réveillez-vous, mobilisez-vous. » « Le virus gagne du terrain en RDC. On ne peut pas le laisser prendre le dessus sur notre réponse », a insisté Tom Fletcher dans un communiqué publié au sortir d'une réunion d'urgence convoquée avec les patrons des agences onusiennes. Le pays avait déjà connu une 17e épidémie d'Ebola, déclarée officiellement le 15 mai. Trois mois plus tard, les équipes sanitaires sont toujours en course derrière le virus, mais elles manquent cruellement de tout, dans des structures de santé parmi les plus démunies de la planète.
D'après Tom Fletcher, cette flambée est « la plus rapide jamais vue ». Et il l'affirme sans détour : « Elle tue une personne toutes les 30 minutes. » « Plus de 2 000 personnes sont déjà mortes. Bien d'autres sont en danger. Le monde doit se réveiller et se mobiliser », a-t-il plaidé. Pour donner un ordre de repère, la plus grave épidémie d'Ebola qu'ait connue la RDC avait fait environ 2 300 morts pour 3 500 cas, entre 2018 et 2020.
Cette fois, à peine trois mois après le début de l'épidémie, le bilan est déjà lourd : 2 128 décès sur 4 566 cas confirmés, selon les derniers chiffres des autorités congolaises. Face à l'urgence, Tom Fletcher a annoncé avoir « envoyé aujourd'hui 20 renforts supplémentaires en première ligne ». Mais il prévient : « C'est un signal d'alarme. Il nous faut de la rapidité, des moyens massifs et de la solidarité » pour éviter « que le virus ne prenne encore plus d'avance sur nous ».
Par ailleurs, il a débloqué une enveloppe de 30,5 millions de dollars (26,4 millions d'euros) puisée dans le Fonds central d'intervention d'urgence des Nations unies (Cerf) afin d'étoffer la riposte. Une somme qui vient s'ajouter aux 24 millions de dollars (20,7 millions d'euros) déjà alloués à la RDC et à quatre pays voisins, a-t-il précisé.
Mais l'argent, justement, reste le nerf de la guerre. Mercredi, l'OMS s'inquiétait de ne réunir que 264 millions de dollars (228 millions d'euros) sur les 518 millions (448 millions d'euros) qu'exige le plan commun de préparation et de riposte lancé début juin par l'agence de santé de l'Union africaine (Africa CDC) et l'Organisation mondiale de la santé. Et pour compliquer encore les choses, aucun vaccin ni traitement spécifique n'existe à ce jour pour le variant Bundibugyo, le coupable de cette épidémie.