
Son idée tient en peu de mots, mais elle pèse lourd : prévenir plutôt que subir. En fait, il s'agit de rendre le soin vraiment accessible. De l'amener là où sont les femmes. La caravane va donc se dérouler en deux temps, et surtout, elle ira vers les gens. Les mardi 20 et mercredi 21 octobre, les équipes médicales s'installeront au foyer d'Oliodan. Puis, les jeudi 22 et vendredi 23, elles prendront leurs quartiers au grand marché de Marcory. Là où ça vit, là où ça grouille. L'idée est simple, presque maline : une commerçante pourra se faire dépister entre deux ventes, sans devoir traverser toute la commune. Parce qu'il faut dire les choses. Combien de femmes repoussent cet examen à « plus tard » faute de moyens ? C'est ce verrou financier que Laurent Tchagba veut faire sauter. En prenant en charge ces dépistages. Car on le sait, la détection précoce, ça change tout.
Ces deux cancers, pris à temps, se soignent bien mieux. Sur place, les équipes ne feront pas que l'examen. Elles prendront le temps. Expliquer les facteurs de risque, montrer les signes qui doivent alerter, rappeler avec des mots simples pourquoi un suivi régulier n'est pas un luxe. C'est aussi ça, prendre soin. D'ailleurs, cette caravane n'est pas une action isolée. Elle s'inscrit dans un cadre plus large : le programme « Santé pour tous à Marcory ». L'ambition ? Rapprocher durablement les soins des habitants, et surtout des plus vulnérables. Relancé le 1er août 2026 après une première édition jugée concluante, le programme entame sa deuxième phase. Il est porté par la Fondation « TBL Espoir & Espérance », avec le soutien du ministère de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle. Il court jusqu'au 28 février 2027. Concrètement, ça donne quoi ? Des équipes qui frappent aux portes, dans les 12 quartiers et les 3 villages de Marcory. Elles proposent des consultations, des premiers soins, orientent les patients, apportent même une assistance sociale aux personnes les plus fragiles. Depuis le début de cette deuxième phase, plus de 4 000 personnes ont déjà été visitées. C'est énorme.
Pour Laurent Tchagba, le sens de ce programme est clair : coller au quotidien des habitants. Il ne s'agit pas seulement d'ausculter et de partir. Il faut repérer les cas urgents, guider chaque patient vers la bonne prise en charge, et surtout, trouver des solutions là où le besoin se fait le plus sentir.