
Une initiative, en fait, qui vise un objectif vital : améliorer concrètement la qualité de l'assiette des tout-petits, ceux âgés de six à 23 mois.
Animé par le cabinet MAGENTA, cet atelier à une ambition claire. Il ne s'agit pas juste de copier-coller une campagne venue d'ailleurs. Il faut dire que l'enjeu est de se l'approprier, de l'ancrer dans nos réalités ivoiriennes, pour qu'elle parle vraiment aux familles, surtout dans les zones rurales. D'ailleurs, autour de la table, on retrouve tout le monde : représentants des institutions nationales, agences des Nations unies, société civile, organisations de mères et de femmes, et même les médias. En réalité, cet atelier marque le top départ. Le démarrage concret de la mise en œuvre du plan opérationnel issu de la stratégie de marketing social élaborée en 2024-2025 pour la région et pour la Côte d'Ivoire. Une action qui s'inscrit dans le Child Nutrition Fund (CNF), ce mécanisme de financement piloté par l'UNICEF qui soutient le programme First Foods Africa dans notre pays. Pour Mariana Stribu, représentante adjointe de l'UNICEF en Côte d'Ivoire, le moment est important. C'est l'occasion de resserrer les rangs autour du troisième pilier du programme First Foods Africa. Un pilier qui, justement, cherche à stimuler la demande. Pas seulement en rendant les aliments sains disponibles, mais en donnant envie d'y aller. Selon elle, ce volet est crucial. Parce que bien nourrir un jeune enfant, ce n'est pas qu'une question d'offre sur le marché. C'est aussi comprendre ce qui se passe dans la tête et le cœur des familles. Pourquoi choisir tel aliment plutôt que tel autre ? Il faut adopter de nouvelles façons de parler, qui accompagnent durablement le changement des habitudes. « La campagne "Une cuillerée de plus" apporte une réponse simple et concrète : encourager les personnes qui prennent soin des enfants à ajouter, chaque jour, une cuillère supplémentaire d'un aliment local nutritif au repas habituel », a expliqué Mme Stribu. Une cuillerée. Pas dix. Un petit geste, mais qui peut tout changer. Et justement, la campagne va bien au-delà d'un simple cours de nutrition. Elle veut rendre nos aliments locaux, ceux de nos marchés, plus désirables, plus accessibles. Plus faciles à glisser dans la bouillie ou le petit plat du bébé, en complément du travail déjà mené sur les chaînes de valeur et les politiques nutritionnelles. De son côté, la coordonnatrice nationale du CONANUT, le Dr Patricia Yoboué N'Goran, a insisté sur ce double combat. D'un côté, rendre les produits sains et locaux plus accessibles. De l'autre, donner aux familles des infos simples, fiables, qui se transforment en vrais gestes au quotidien. « Bien au-delà de savoir ce que les enfants doivent manger, l'initiative First Foods Africa agit sur les conditions qui permettent aux familles, y compris les plus vulnérables, de faire des choix alimentaires favorables à la nutrition de leurs enfants », at-elle indiqué.
Concrètement, ces deux jours de travaux vont servir à disséquer la journée alimentaire de l'enfant. À quel moment ajouter cette fameuse cuillerée ? Le matin ? Le soir ? Ils permettront également de valider les profils de mères et de pères ciblés, mais à la sauce ivoirienne. Quel groupe d'aliments choisir pour composer « la cuillerée ivoirienne » ? Du poisson fumé ? De la pâte d'arachide ? Des feuilles de moringa ? Enfin, il s'agira de peaufiner les messages clés, le ton juste, les références culturelles qui parlent, et les meilleurs canaux pour que le message arrive vraiment dans chaque foyer.