Société

Pression fiscale, menace de récupération de ses sites...  : Le CNRA dans la tourmente 

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© Les responsables du CNRA disent être confrontés à des problèmes de sécurisation de leurs différents sites (Ph : DR)
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Le Centre national de recherche agronomique (CNRA) dit vivre des moments d'incertitudes, indiquant faire face ces dernières années à des pressions fiscales et une crise foncière, dans certaines de ses directions régionales. Des révélations faites lors de la double cérémonie de présentation de vœux de nouvel an couplée à l'hommage aux retraités de l'année 2025, le jeudi 12 février 2026, dans les locaux de la direction générale à Adiopodoumé, dans la commune de Yopougon. 

En dehors des problèmes de règlement de salaires ou de gestion de primes, sans oublier l'épineuse question de la faiblesse des ressources financières pour booster ses recherches agronomiques, jamais le CNRA n'a été aussi tourmenté. Cette tourmente, indiquent les responsables du centre, prend ses racines dans deux équations. Un est relatif à l'exigence qui lui ait faite de payer les impôts, et la seconde, porte sur le conflit foncier sur le site de la direction générale ainsi que d'autres directions à l’intérieur, avec un groupe de personnes qui revendiquent la propriété du site. 

La direction régionale de Bouaké sommée de payer 200 millions FCFA au titre des impôts 

La pression fiscale dont le chef de file de la recherche agronomique en Côte d'Ivoire dit avoir fait l'objet porte sur ses sites de la direction régionale de Bouaké. Selon les propos rapportés par le Directeur régional de Bouaké, Dr Kouassi Cyril, près de 200 millions F CFA ont été réclamés au titre des impôts, par la direction régionale des impôts. Une première dans l'histoire de cette structure étatique. Un montant qui, à en croire les responsables de la structure étatique, ne concernait que les plus petits sites de recherche de la zone.  « (...) On aimerait que cette situation soit définitivement réglée en 2026. Les services des impôts commencent à nous visiter. Ils nous demandent qu'on paye les impôts, parce qu'il semble que nous ne sommes plus exonérés.

Pour deux de nos sites, on nous demandait près de 200 millions F CFA pour une année, et ce montant concernait les plus petits sites en termes de superficie », a révélé Dr Kouassi Cyril, Dr CNRA de Bouaké
Mais en fin de compte, dit-il, la direction régionale des impôts a laissé tomber cette affaire, suite aux négociations engagées avec elle par la direction générale du CNRA. « C'est la direction générale qui a réglé ça et on n’a rien payé. Administrativement, les démarches ont été faites pour qu'on ne soit pas obligé de payer ces impôts. Mais je suis sûr qu'on aura encore d'autres sites qui seront visés pour le paiement de ces impôts. C'est pour cela que je voudrais que la direction générale regarde cette affaire de près, de sorte qu'on ait une réponse définitive à ce problème », a-t-il souhaité. 

L’autre souhait émis par Dr Kouassi Cyril de Bouaké a porté sur l'intensification de la communication, afin de mieux faire connaître les résultats des recherches aux populations.

Des sites de recherche de la direction générale menacés 

En plus de la question fiscale, l'autre problème et le plus énigmatique est la perte du patrimoine foncier. Il ressort en effet que de nombreux sites de recherche aussi bien de l'intérieur du pays que d’Abidjan font l'objet de conflits. Ces conflits opposent des personnes ou organisations détentrices d'ACD sur les parcelles de recherche du CNRA. La direction régionale de Bouaké a été confrontée à ce problème. 
Le plus récent est la direction générale d'Abidjan, dont les bâtiments administratifs et des parcelles de recherche sont situés au village d'Abiopodoumé, dans la commune de Yopougon.

Aux dires des responsables du CNRA, des personnes se sont présentées sur des sites de la direction générale, munies d'un ACD portant sur le site occupé par le personnel du centre. Pour s'opposer à la volonté de ces personnes détentrices d'ACD sur leur parcelle d'entreprendre des actions, la direction générale du CNRA avait sollicité la force publique, notamment la gendarmerie pour la sécurité de leur site. L'affaire est toujours pendante. 

Face à toutes ces situations, la direction générale et les syndicats, lors de la cérémonie de présentation de vœux ont pris l'engagement de tout mettre en œuvre pour sauver leur patrimoine foncier. 

Ernest FAMIN