
Aussitôt présenté et investi de tous les pouvoirs et attributs, le nouveau chef de Vitré 2, Bremi Ago Noël, a placé sa gouvernance sous le signe de la réconciliation des filles et fils de son territoire. « Mon premier sentiment, c'est la réconciliation. Faire de ce village-là, un village de paix véritable. Parce que sans paix, il n'y pas de développement », a lancé d’entrée Bremi Ago Noël non sans appeler tous les fils et les filles du village à œuvrer de concert pour le développement harmonieux de la localité. « Nos frères qui sont contre ma désignation, qui sont fâchés contre ma nomination, je les appelle à la table des discussions pour que nous nous associons, nous nous rassemblons autour de notre village qui est malade, qui a besoin d'avancer, qui a besoin d'un rayonnement, de paix et de cohésion véritables pour que nos enfants, nos arrière-petits-enfants trouvent un village en paix, un village où il fait bon vivre, un village où on est frères les uns les autres », a-t-il lancé.
Enseignant et ancien proviseur du Lycée Dion Robert de Man, ce prédicateur de l’église harriste veut se battre pour l’union des cœurs qui sont séparés. « J'ai besoin de cela. Sans cela, je ne pourrai pas faire grand-chose. Quels que soient les projets que je vais initier, si les cœurs ne sont pas unis, ces projets ne se réaliseront pas. Je n'ai aucune rancœur contre qui que ce soit. Je n'ai pas de rancune avec qui que ce soit », a-t-il exhorté appelant les uns et les autres à s’accepter mutuellement. « Les dix doigts de la main n'ont pas les mêmes longueurs mais ils cohabitent. Les langues et les dents sont dans la même bouche mais souvent, elles se blessent. Mais elles ne sortent pas de la bouche », a-t-il dévoilé mentionnant que la véritable et vraie réconciliation des habitants doit guider toute action.

Par ailleurs, a-t-il exhorté chacun à la crainte de Dieu qu’on soit chrétien ou musulman car pour lui, il n’y a qu’en priant Dieu que les cœurs deviendront purs ce qui conduira à la paix.
Depuis donc le samedi 28 mars 2026, Owoula Bremi Ago Noël a la responsabilité du village sur les épaules à 66 ans. Il a ainsi traduit sa reconnaissance infinie au Conseil des notables de village qui a bien voulu faire de lui « le chef de ce village », signifiant que « c'est la volonté des notables, représentants des familles dignes de ce village-là », qui lui ont permis d’accéder au pouvoir. « Originellement, ce sont les Venans dont je suis descendant qui sont désignés comme chef de ce village. Notre ancêtre était le roi des Betibé », a fait savoir l’héritier du trône de Vitré 2. Après son choix, il a aussi remercié Dieu pour lui avoir donné la santé pour être à la tête du village.
Pour le représentant des notables, cette cérémonie est venue combler une période de vide institutionnel. « C'est une cérémonie traditionnelle qui se faisait au secret. Aujourd'hui, nous voulons faire les choses autrement avec toutes les populations du village. Elle se tient avant la cérémonie moderne avec signature de nomination par les autorités compétentes de la Côte d’Ivoire », a-t-il relevé.
La présentation de Bremi Ago Noël comme nouveau chef de Vitré 2 s’est déroulée dans un climat de tension entre villageois. Certains membres de sa classe d’âge, les Blessoué, contestent sa notoriété et l’ont fait savoir en défilant dans les rues du village et sur des affiches. L’évènement s’est donc passé avec la présence massive des forces de l’ordre. Malgré cette hostilité relative, de nombreuses populations de Vitré 2 étaient présentes à la cérémonie qui se voulait festive et sobre. Hymne national, libation par le chef de terre, prière méthodiste, danses des femmes et des jeunes ont rythmé le déroulement de la fête.
Bremi Ago Noël est décrit comme un homme courtois qui participe à l'animation de la vie du village. Pour beaucoup, c’est un agent du développement local, religieux, marié et père de huit enfants. Après sa présentation, il a reçu l’allégeance du Collège des notables, du chef de terre, des opérateurs économiques, de la reine mère, des délégations des villages voisins comme Yaou, Bonoua, Ebra, Vitré 1, Ediaho et Eloka. La jeunesse communale de Grand-Bassam et les communautés étrangères se sont aussi conformées au rite. Ce chapitre a été bouclé par l'allégeance de la génération Blessoué au pouvoir à son chef. L’évènement a pris fin par un copieux déjeuner offert bien avant une longue procession à travers la grande artère du village.