Société

Lutte contre le changement climatique : La côte d’ivoire récolte les fruits de son engagement

lutte-contre-le-changement-climatique-la-cote-divoire-recolte-les-fruits-de-son-engagement
© Droits réservés
PARTAGEZ
Invité de la tribune hebdomadaire « Tout Savoir Sur » du Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG), Mohamed Sanogo, coordonnateur du Programme national du changement climatique, a présenté les actions engagées par la Côte d’Ivoire pour lutter contre les effets néfastes du changement climatique.

Profitant de cette tribune, Mohamed Sanogo, coordonnateur du Programme national du changement climatique a également mis en lumière les avancées enregistrées par le pays sur la scène internationale en matière de gouvernance climatique et de mobilisation de financements verts. 

Une participation active aux négociations internationales

Au cours de son intervention, Mohamed Sanogo a rappelé que les Nations Unies disposent de trois grandes conventions environnementales : la Convention sur les changements climatiques, la Convention sur la diversité biologique et la Convention sur la lutte contre la désertification. Il a souligné que la Côte d’Ivoire participe activement aux différentes Conférences des Parties (COP), véritables cadres de négociations internationales visant à apporter des réponses aux défis environnementaux mondiaux.

« L’Afrique représente moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais demeure le continent qui subit le plus fortement les conséquences du réchauffement climatique », a-t-il expliqué. Selon lui, la Côte d’Ivoire, au sein du Groupe africain de négociation, défend le principe de la responsabilité commune mais différenciée, qui reconnaît la responsabilité historique des pays industrialisés dans les émissions mondiales tout en appelant à un soutien accru aux pays en développement. 

Des financements climatiques au bénéfice des populations

Les négociations internationales ont permis la mise en place de plusieurs mécanismes financiers destinés à soutenir les pays vulnérables face aux effets du changement climatique. Parmi eux figure le Fonds pour l’adaptation, dont bénéficie la Côte d’Ivoire à travers plusieurs projets destinés à renforcer la résilience des communautés rurales.

Mohamed Sanogo a notamment cité le projet d’amélioration de la résilience des communautés rurales du Poro et du Gontougo, qui cible des filières stratégiques telles que le cacao, le riz et le manioc. « Ces cultures sont essentielles à notre économie et à la sécurité alimentaire des populations. Il est donc important de renforcer leur capacité d’adaptation face aux effets du changement climatique », a-t-il indiqué. Le coordonnateur a également évoqué la création récente du Fonds pour les pertes et préjudices, destiné à soutenir les pays confrontés aux catastrophes climatiques. 

Abidjan choisie pour accueillir un bureau régional du FVC

L’une des annonces majeures de cette conférence concerne la désignation d’Abidjan comme siège du bureau régional du Fonds vert pour le climat (FVC) pour l’Afrique de l’Ouest, le Maghreb et l’Afrique centrale. Cette décision fait suite à une mission effectuée en Corée du Sud par le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique.

Pour Mohamed Sanogo, ce choix constitue une victoire diplomatique et économique majeure pour la Côte d’Ivoire. « Cette présence permettra de faciliter l’accès aux financements climatiques destinés aux projets structurants dans les domaines de l’agriculture, des énergies renouvelables et du développement durable », a-t-il affirmé. 

Une stratégie nationale renforcée depuis 2012

Le coordonnateur du Programme national du changement climatique a rappelé que la Côte d’Ivoire s’est dotée dès 2012 d’une Stratégie nationale de lutte contre les changements climatiques afin d’anticiper les impacts du phénomène. Cette stratégie a servi de base aux Contributions déterminées au niveau national (CDN), avec pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de renforcer la résilience des secteurs les plus exposés.

Depuis lors, le dispositif institutionnel a été considérablement renforcé avec la création d’une Direction de la lutte contre les changements climatiques et de la transition écologique ainsi qu’une Commission interministérielle regroupant l’ensemble des ministères concernés. Selon Mohamed Sanogo, cette approche favorise une meilleure intégration des enjeux climatiques dans les politiques publiques sectorielles. 

Le renforcement des capacités et l’implication du secteur privé

Au-delà des réformes institutionnelles, plusieurs programmes de renforcement des capacités ont été mis en œuvre au profit des administrations publiques, des collectivités territoriales, des organisations de la société civile, des médias et du secteur privé. L’objectif est de permettre à l’ensemble des acteurs de mieux comprendre les enjeux climatiques et de contribuer efficacement aux efforts d’adaptation et d'atténuation.

Par ailleurs, la Côte d’Ivoire a réussi à faire accréditer plusieurs institutions nationales auprès des principaux fonds climatiques internationaux. Le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA) ainsi que la Banque nationale d’investissement (BNI) disposent désormais d’un accès direct aux financements climatiques. 

Des gestes simples pour accompagner l’action gouvernementale

Interrogé sur le rôle des citoyens, Mohamed Sanogo a insisté sur l’importance des écogestes, notamment en cette période de fortes pluies. Il a invité les populations à préserver les systèmes de drainage en évitant le dépôt de déchets dans les caniveaux, une pratique qui aggrave les inondations et accentue les effets du changement climatique. « L’objectif du gouvernement est de traverser cette saison des pluies avec zéro mort. Cela nécessite également l’engagement et la responsabilité de chaque citoyen », a-t-il conclu.