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Orpaillage illégal : Depuis Korhogo, des experts se prononcent et font des propositions

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Le phénomène de l'orpaillage illégal en Côte d'Ivoire est plus qu'au centre des échanges tant au niveau de l'État que des spécialistes de la question. Le vendredi 9 octobre 2026, plusieurs experts étaient réunis à Korhogo à l'effet d'échanger autour de la question.

Réunis autour du thème "Orpaillage illégal en Côte d'Ivoire : quels dangers pour les enfants et quel avenir pour leur éducation ?", plusieurs experts dont le représentant du Directeur régional des Eaux et Forêts de la région du Poro et de la Bagoué, Lieutenant-Colonel Alexis Kouakou Brou ; du Directeur régional de l'Éducation nationale et de l'Alphabétisation (DRENA) du Poro, Dosso Abdoulaye ; du représentant de Simon Kobena, Président directeur général (PDG) de Marahoué K Holding, Gogui Dianpeu Hiver ; du responsable d'exploitation de l'entreprise GI2E ; du représentant de la Direction régionale de l'Environnement, Silué Vally ; et cadre de Guiembé, Ténéna Yeo, ont partagé leurs connaissances sur cette question.

Pour Dosso Abdoulaye, l'orpaillage illégal a également des conséquences sur la vie des élèves. Et pour cause, selon lui, ce fléau pousse souvent plusieurs élèves à abandonner le chemin de l'école au profit des champs de mines aurifères. Ainsi, certains d'entre eux qui arrivent à gagner de l'argent s'achètent facilement des objets de luxe pour leur âge à l'instar des motos et autres que même leurs enseignants n'ont pas.

Au niveau des jeunes filles, c'est le risque de grossesse précoce et la déscolarisation. Certaines d'entre elles s'adonnent facilement à la prostitution. Dosso Abdoulaye a également pointé du doigt la pollution des écoles qui sont à proximité de ces sites d'orpaillage illégal, exposant les élèves à des maladies mais également à la tentation d'abandonner la voie de l'école au détriment de la recherche du gain facile. Et si les enseignants ont souvent été accusés dans les cas de grossesses en milieu scolaire, Dosso Abdoulaye estime que ce sont certes des cas sérieux, mais ils sont minimes vis-à-vis de ces jeunes élèves qui se tournent vers les orpailleurs pour se faire de l'argent facile.

Pour Gogui Dianpeu Hiver, les conséquences de l'orpaillage illégal se jouent également au niveau des ressources en eau et sur l'environnement. Saluant les actions entreprises par l'État pour éradiquer ce phénomène, il a expliqué comment les enfants sont attirés vers les champs de mines. À l'écouter, ce sont des recruteurs qui viennent vendre du rêve à ces jeunes, leur promettant d'avoir des sommes d'argent qu'ils n'auraient jamais imaginé avoir.

Car, selon lui, le gramme de l'or tourne autour de 80 000 FCFA. "Donc vous voyez comment l'or peut facilement attirer la jeunesse ? Un cultivateur qui peine à rentabiliser dans son champ peut facilement avoir 5 millions de FCFA par mois en ayant cédé ses terres aux orpailleurs. Vous voyez comment cela peut changer les mentalités ?", a-t-il expliqué. Cependant, pour le représentant de Simon Kobena, il existe des moyens de dissuasion pour toutes ces personnes, qui est de leur rappeler la présence de la loi. "Il ne doit pas penser uniquement à lui-même mais à l'intérêt général. Car ces activités impactent toute la communauté, toute une région. Il faut dire à cette personne qu'elle doit s'inscrire sur la voie légale", a-t-il expliqué en présence des invités et autorités locales de cette ville.

"Si nous voulons vivre longtemps, nous devons préserver notre environnement. C'est à chacun de se battre à son niveau pour préserver notre environnement", a lancé, pour sa part, Ténéna Yeo. Pour lui, les populations ivoiriennes vivent très mal ce phénomène de l'orpaillage illégal qui a détruit l'écosystème forestier et les eaux du pays.

"L'insécurité s'installe complètement dans les différentes zones où l'orpaillage est pratiqué. Une fois sur place, les orpailleurs s'attaquent aux foyers des communautés, aux jeunes filles. Et cela entraîne des conflits entre les populations", a-t-il expliqué. Et même si le département de Guiembé ne semble pas être touché pour l'heure, les jeunes et cadres de la localité ont déjà décidé de prendre les devants. Et ce, à l'effet de sensibiliser les populations contre toutes les conséquences liées à ce fléau.

Faut-il le rappeler, cette rencontre a été initiée par le Réseau des journalistes ivoiriens contre la crise climatique et environnementale (RJICCE). C'était dans le cadre de la cérémonie du lancement de la deuxième édition du concours "Éco-citoyenne".

Ce projet est destiné à impliquer les élèves de la région du Poro dans la lutte contre le changement climatique et environnemental. Cette édition est placée sous le parrainage du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly. Le ministre s'est fait représenter par le Directeur régional de la Communication, Coulibaly Lazani.