
En Côte d'Ivoire, la décision par arrêté N°750/MCF/CAB du 14 octobre 2025 déterminant le régime juridique des entrepreneurs de spectacles vivants, annoncée la semaine dernière par la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, continue de faire parler. Et cette fois, c'est au tour du journaliste et mécène culturel, Tanguy Blais, de s'y coller. Dans une longue déclaration rendue publique, le mercredi 29 juillet 2026, par Média Prime, Tanguy Blais n'a pas mâché ses mots.
"La volonté de structuration qui sous-tend l'idée de cette licence ne peut masquer le désir manifeste d'un groupuscule de mettre la main sur l'organisation des spectacles en Côte d'Ivoire, avec la bénédiction du ministère de la Culture. On a le sentiment qu'à défaut de soigner la maladie, on veut faire disparaître le malade. Et cela n'est pas acceptable ! Les conditions financières imposées créent un véritable apartheid économique", a-t-il lancé. En clair, pour Tanguy Blais qui est par ailleurs le promoteur du Prix Cultura, une vitrine dédiée à récompenser les meilleurs journalistes culturels de Côte d'Ivoire, cette décision d'imposer des montants pour l'obtention d'une licence professionnelle pour l'organisation de spectacles, vient pour "mettre fin aux rêves" des "petits" promoteurs.
"Dans les jeunes États comme le nôtre, organiser, structurer les activités est vital surtout quand on sait les dérives auxquelles l'on assiste dans le milieu du spectacle. Et ce n'est nullement cette nécessaire structuration qui est questionnée... Si cette information s'avère exacte, alors le ministère de la Culture se sera laissé manipuler par des intérêts partisans au détriment de la majorité composée d'organisateurs n'appartenant pas à ce groupe d'intérêt", a-t-il fait savoir.
Comme Tanguy Blais, comme Eunice Zunon et bien d'autres, la mise en place de cette règle ne viendra pas uniquement pour "stopper" les jeunes entrepreneurs mais elle viendra surtout pour "tuer" la créativité et l'envie de montrer le savoir-faire de certains autres jeunes promoteurs de spectacles qui n'auront pas eu les moyens de se conformer à ces règles.