
Après plusieurs jours de rumeurs et de signaux inquiétants, le gouvernement a finalement confirmé la baisse drastique du prix garanti du cacao. Celui-ci passe de 2 800 FCFA/kg à seulement 1 200 FCFA/kg, soit une chute de 60 %.
Selon le ministre de l’Agriculture, Bruno Koné, il s’agit d’un « réajustement » imposé par la dégringolade des cours mondiaux. « Le prix du cacao sur le marché international nous oblige à faire un réajustement », a-t-il déclaré, non sans insister sur le caractère douloureux de cette décision. En réalité, le Ghana avait déjà ouvert la voie en réduisant ses tarifs face à la pression des marchés. La Côte d’Ivoire, premier pilier du secteur, n’a donc pas eu d’autre choix que de suivre. D’ailleurs, Bruno Koné avait laissé entendre, il y a quelques jours, que la crise ne permettait aucune alternative.
Les chiffres confirment l’ampleur du problème : au 20 février 2026, les exportations ivoiriennes de cacao avaient reculé de 2,8 %. À cela s’ajoute un coup dur supplémentaire . Le Brésil a suspendu ses importations en provenance d’Abidjan, évoquant un risque de mélange avec des stocks étrangers. Or, la Côte d’Ivoire et le Ghana restent les deux géants mondiaux du cacao, fournissant ensemble la majorité des volumes sur le marché international. À elle seule, Abidjan assure environ 40 % de la production mondiale. Autant dire que l’impact est colossal . Le cacao représente 14 % du PIB ivoirien et fait vivre, directement ou indirectement, près de 5 millions de personnes.
Par ailleurs, cette baisse des prix illustre la fragilité d’une économie largement dépendante de l’or brun. Et si les autorités parlent de « réajustement », pour les planteurs, c’est avant tout une mauvaise nouvelle qui risque de bouleverser leur quotidien.
