
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire doit selon le ministre Bruno Nabagné Koné « transformer localement » ce qui « évite de brader les fèves en cas de prix défavorables ». Pour lui, c’est « la clé pour créer de la valeur ajoutée sur place ». La Côte d’Ivoire étant à ce jour à 40% du volume de fèves traités sur place, son ambition à la tête du ministère de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières est de pouvoir atteindre les 50% de transformation locale des fèves de cacao dans les deux ans à venir. « Nous sommes aujourd'hui à 40% du volume de fèves traités sur place et nous devrions atteindre notre objectif de 50% dans les deux ans », a-t-il confié au confrère.
Selon Bruno Koné, si la Côte d’Ivoire a décidé de limiter sa production ces dernières années, c’est bien pour éviter un excédent de cacao et une chute des prix. « C'est dans la même optique que l'État a décidé, en début d'année, d'acheter une partie de la récolte, jouant sur le volume de fèves sur le marché et soutenant ainsi les petits producteurs », explique-t-il.
La révision du système de commercialisation des fèves de cacao fondé sur la vente par anticipation de la récolte pourrait être étudiée
Sur le système de commercialisation des fèves de cacao encadré par le Conseil café cacao (CCC) et fondé sur la vente par anticipation de la récolte ainsi que sur un prix d'achat du cacao déterminé en fonction de la moyenne des ventes de l'année écoulée, Bruno Koné ne se dit pas fermé à la discussion. Mieux, compte-t-il, de concert avec toutes les parties prenantes « étudier les forces et les faiblesses du système puis faire nos recommandations aux autorités, qui trancheront sur l'opportunité ou non d'une évolution ». Quoi que conscient que le modèle de la Côte d’Ivoire « a ses avantages ». « On entend les critiques qui lui sont faites, ce qui nous conduit à mener actuellement une évaluation », indique-t-il, soulignant que le modèle ivoirien a permis de préserver le pouvoir d'achat des petits producteurs.
Travailler au renforcement de l'alliance avec le Ghana pour sortir des difficultés
En alliance avec le Ghana depuis 2018 pour défendre une meilleure rémunération des cacaoculteurs, la Côte d’Ivoire, selon le ministre Bruno Koné va renforcer son alliance avec le 2ème producteur mondial de cacao. « La période délicate que nous traversons va être un élément de renforcement de l'alliance : nos deux pays ont plus que jamais intérêt à travailler ensemble pour sortir des difficultés », déclare-t-il, insistant sur le fait que ce n’est pas parce que les deux pays n'ont pas annoncé en même temps leurs décisions de modifier le prix d’achat du cacao qu'elles ont été prises de façon unilatérale. « Elles ont évidemment été actées après concertation », précise-t-il.
Pour lui, il y a une vraie action conjointe via l'alliance nouée, qui est présidée par un Ivoirien, Alex Assanvo, et dont le siège se trouve à Accra. « Les deux chefs d'État suivent de près l'avancée de l'initiative, qui est structurée en neuf points, dont la rémunération des petits producteurs, la capacité commune de réaction sur le marché international ou encore lutte contre la contrebande de fèves », assure-t-il.
