Économie

Commerce intra-régional : La CEDEAO veut dynamiser les échanges en misant sur son marché commun

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La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a ouvert, lundi 27 avril 2026 à Abidjan, une série de rencontres stratégiques destinées à accélérer la mise en œuvre du marché commun. L’objectif affiché est clair , dynamiser les échanges intra-régionaux et consolider l’intégration économique.

La CEDEAO veut relancer le commerce entre ses pays membres en s'appuyant sur son marché commun. L'idée, c'est de mieux faire circuler les marchandises à l'intérieur de la région, pour que les échanges intra-régiaux décollent vraiment. Lors d’une conférence de presse, Albert Siaw-Boateng, directeur de la libre circulation des personnes, migration et tourisme, a souligné que ces assises visent à « promouvoir les investissements, faciliter la circulation des biens et des personnes, tout en garantissant un cadre sécurisé et durable ». Autrement dit, il s’agit de poser les bases d’un espace économique plus fluide et attractif.

Par ailleurs, cinq réunions thématiques sont prévues, dont l’une consacrée au commerce alimentaire intra-régional. Ce secteur est considéré comme un levier essentiel de l’intégration, puisqu’il touche directement à la sécurité alimentaire et à la vie quotidienne des populations. « L’objectif est de faire avancer les interventions clés pour renforcer le marché commun de la CEDEAO, notamment en stimulant les investissements et en facilitant les échanges commerciaux dans la sous-région », a-t-il déclaré.

De son côté, Koawole Sofola, directeur du commerce de la CEDEAO, a rappelé que le marché commun ouest-africain représente un potentiel de plus de 400 millions de consommateurs. Selon lui, les échanges alimentaires intra-régionaux atteignent déjà près de 10 milliards de dollars par an, un chiffre bien supérieur aux statistiques officielles. Ainsi, ce commerce constitue une opportunité majeure pour stimuler les investissements et soutenir la croissance.« Ce commerce représente une opportunité majeure pour renforcer la sécurité alimentaire, stimuler les investissements et soutenir la croissance économique », a-t-il indiqué.

Cependant, un défi persiste, près de 85 % de ces flux restent informels. Comme l’a relevé Alban Mas Aparisi, du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (OCDE), cette informalité limite l’impact des échanges sur les politiques publiques, alors même qu’ils nourrissent près de 80 millions de personnes et génèrent de nombreux emplois. Au-delà des questions commerciales, les discussions aborderont également la protection des consommateurs, la gestion des plastiques, la sécurité alimentaire et la libre circulation des personnes. Un accent particulier sera mis sur l’harmonisation des documents d’identité biométriques, afin de faciliter les déplacements au sein de la région.

Enfin, les conclusions de ces travaux seront soumises aux ministres de l’intérieur et de l’immigration, en vue d’adopter des recommandations communes. À travers cette initiative, la CEDEAO entend transformer son marché commun en véritable moteur de développement durable pour l’Afrique de l’Ouest.