Économie

Clôture de la FNER 2026 Birahima Ouattara : « l’emploi des jeunes est une responsabilité collective »

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Même si les activités continuent, la cérémonie de clôture de la FNER 2026 s'est tenue hier à Treichville.

La troisième édition de la Foire nationale de l’emploi et du recrutement (FNER 2026) s’achève sur une note d’espoir pour des milliers de jeunes ivoiriens. Le vicePremier ministre, ministre d’État, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a présidé, le mercredi 20 mai au Palais de la Culture de Treichville, la cérémonie officielle de clôture de cet important rendez-vous consacré à l’insertion professionnelle des jeunes. Même si les activités de la foire se poursuivent jusqu’au jeudi 21 mai, cette cérémonie officielle a permis au gouvernement de dresser un premier bilan et de réaffirmer sa volonté d’offrir des opportunités concrètes à la jeunesse ivoirienne. Devant plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des chefs d’entreprises et des milliers de jeunes, le vice-Premier ministre a insisté sur le rôle central de l’emploi dans la stabilité sociale et le développement du pays.

« L’emploi est une question de dignité, de stabilité et de cohésion nationale. Un jeune qui travaille, c’est une famille qui respire et qui se renforce. Un jeune qui trouve sa place, c’est tout un pays qui gagne en stabilité et en sécurité », a-t-il déclaré. Pour Téné Birahima Ouattara, la Côte d’Ivoire a fait le choix d’un modèle fondé sur la stabilité, la solidarité et la croissance inclusive. Une ambition qui repose, selon lui, sur deux piliers indissociables : la sécurité et le développement. « La sécurité protège le développement et le développement consolide la sécurité », a-t-il soutenu, avant de rappeler que l’emploi des jeunes constitue aujourd’hui une priorité nationale dans un contexte sousrégional marqué par de nombreux défis sécuritaires.

« Créer les conditions de l’espérance »

S’adressant directement aux jeunes, le vice-Premier ministre les a exhortés à faire preuve de persévérance, de discipline et de patience dans leur quête d’insertion professionnelle. Selon lui, l’éducation, la formation et l’emploi demeurent les meilleures réponses face aux risques de marginalisation et de désespoir. « Nous devons créer les conditions de l’espérance. La Côte d’Ivoire avance avec une croissance soutenue et un tissu entrepreneurial en forte progression.

Notre responsabilité est désormais de transformer davantage cette croissance en emplois et en opportunités pour les jeunes », a-t-il affirmé. Le vice-Chef du gouvernement a également invité les jeunes à ne pas mépriser les petites opportunités, rappelant qu’un simple stage peut devenir le point de départ d’une grande carrière professionnelle. « Le premier entretien ne sera peut-être pas parfait, mais il peut être formateur. Le premier stage peut sembler modeste, mais il peut ouvrir une carrière. Ne renoncez jamais après un premier refus ou un demi-échec », a-t-il conseillé.

L’entrepreneuriat présenté comme une voie d’avenir

Au-delà de la recherche d’emploi, Téné Birahima Ouattara a encouragé la jeunesse à s’orienter également vers l’entrepreneuriat. Pour lui, créer une entreprise ne doit plus être considéré comme une solution de dernier recours, mais comme une véritable ambition capable de transformer durablement l’économie nationale. « L’entrepreneuriat n’est pas une solution par défaut. C’est une ambition légitime, une voie de courage, d’innovation et de transformation », a-t-il souligné. Il a rassuré les jeunes quant à l’engagement de l’État à les accompagner à travers des dispositifs de financement, de formation et d’encadrement adaptés.

Plus de 86 000 opportunités mobilisées

Prenant la parole à son tour, le ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, a salué la forte mobilisation des entreprises, des partenaires et des structures publiques autour de cette édition 2026. Selon lui, cette foire est le résultat d’« une conjugaison d’efforts et d’une véritable synergie d’actions ». Le ministre a particulièrement rendu hommage aux entreprises qui ont accepté d’ouvrir leurs portes aux jeunes en proposant des stages, des formations et des emplois.

« Aucun jeune ne doit venir ici sans repartir avec une perspective réelle : un emploi, un stage, une formation ou une orientation professionnelle », a-t-il insisté. Mamadou Touré a rappelé que plus de 86 000 opportunités ont été mobilisées cette année, avec l’objectif de proposer à chaque jeune une solution adaptée à son profil. « Aujourd’hui, nous voulons faire comprendre aux jeunes qu’il est possible de réussir grâce au mérite, au travail et à la persévérance », a-t-il ajouté.

La FNER s’étend désormais à l’intérieur du pays

L’une des principales innovations de cette édition 2026 est la régionalisation de la Foire nationale de l’emploi et du recrutement. Le ministre a expliqué que de nombreux jeunes vivant à l’intérieur du pays étaient obligés de parcourir de longues distances pour rejoindre Abidjan et participer à l’événement. « Beaucoup venaient de Bouaké, Korhogo, Katiola, Daloa, Bondoukou ou encore Odienné, parfois en finançant eux-mêmes leur transport », a-til rappelé. Pour corriger cette inégalité d’accès, la FNER sera désormais organisée également dans plusieurs régions du pays du 1er au 3 juin 2026. Une initiative qui vise à rapprocher les opportunités des jeunes vivant hors d’Abidjan.

Des financements remis aux jeunes

La cérémonie a également été marquée par la remise de chèques à plusieurs jeunes bénéficiaires de financements de projets. Les montants accordés variaient entre 900 000 et 16 millions FCFA, selon les projets présentés. Les entreprises partenaires les plus engagées dans l’insertion professionnelle ont également été distinguées pour leur contribution significative à la réussite de cette édition.

La RDC veut s’inspirer du modèle ivoirien

Présente à cette cérémonie, la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique de la République démocratique du Congo, Grâce Émie Kutino, a salué l’initiative ivoirienne qu’elle considère comme un modèle inspirant pour la sousrégion. Selon elle, cette rencontre ouvre de nouvelles perspectives de coopération entre la Côte d’Ivoire et la RDC dans le domaine de la jeunesse et de l’employabilité.

« Nos deux nations partagent une même réalité : une jeunesse nombreuse, dynamique et ambitieuse, mais confrontée à d’importants défis en matière d’emploi », a-t-elle indiqué. La ministre congolaise a estimé que la coopération Sud-Sud constitue un levier important pour construire des politiques publiques plus efficaces en faveur des jeunes africains. À travers cette troisième édition de la FNER, le gouvernement ivoirien entend donc renforcer sa politique d’insertion professionnelle et offrir davantage de perspectives à une jeunesse considérée comme le principal moteur du développement national.