
À cet effet, Abidjan vient d'adopter la deuxième actualisation de son Plan national de mise en œuvre de la convention de Stockholm. Ce programme stratégique, doté d'une enveloppe de 8,2 milliards FCFA, vise l'élimination des polluants organiques persistants (POP) sur les cinq prochaines années. Cet engagement constitue un défi majeur pour les questions sanitaires et environnementales pour la première puissance économique de l'UEMOA.
L’engagement d’Abidjan dans la planification à l'action
Réunis en atelier à Abidjan le lundi 1er juin 2026, les administrations publiques, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les acteurs du secteur privé ont scellé une avancée écologique majeure. L’endossement politique de ce document cadre a été officiellement formalisé par Indira Yanni-Domingo, directrice de cabinet adjointe et représentante du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba. Cette mise à jour marque un tournant opérationnel décisif.
En s'appuyant sur les réformes législatives récentes, notamment le Code de l’environnement adopté en 2023, la Côte d’Ivoire affiche sa volonté de traduire ses ambitions textuelles en actions concrètes sur le terrain. Signataire de la Convention de Stockholm depuis janvier 2004, le pays avait conçu sa première feuille de route en 2016. Dix ans plus tard, l'urgence de réactualiser ce plan s'imposait face à la prolifération de nouvelles menaces chimiques.
34 substances dans le viseur face à l'urgence des PCB et des pesticides
Le défi est d'envergure. Comme l’a rappelé le Dr Djè Konan Anicet, point focal national de la Convention de Stockholm, la liste des substances proscrites ou strictement réglementées à l'échelle internationale s’est considérablement allongée, ciblant désormais 34 produits chimiques hautement toxiques. Ces polluants se caractérisent par leur extrême persistance dans la nature, leur capacité à s'accumuler dans les tissus vivants et leurs effets dévastateurs sur la santé humaine et la biodiversité. Le nouveau plan ivoirien cible en priorité deux chantiers herculéens. Celui de l'éradication des PCB avec pour objectif d'éliminer environ 1 000 tonnes de polychlorobiphényles (souvent issus des anciens transformateurs électriques) à l'horizon 2028.
Ensuite, le traitement des déchets agricoles. Ce plan prévoit d’ailleurs, la gestion durable de près de 2 500 tonnes d’emballages vides de pesticides, générées chaque année par une agriculture nationale en forte croissance. La stratégie se définie en trois phases pour la sécuriser les financements. Donc pour garantir l'efficacité du déploiement et faciliter la levée des fonds, le programme a été séquencé en trois grandes étapes. La première phase, d'un coût estimé à 3,83 milliards de francs CFA, s'attaquera immédiatement au plus pressant. Elle va consister à la destruction des stocks de produits chimiques obsolètes, la collecte des emballages de pesticides abandonnés dans la nature, et la sécurisation des populations les plus vulnérables face aux risques de contamination directe. Quant à la deuxième et troisième phase, elles vont permettre le traitement de masse des PCB (horizon 2028) et au renforcement des contrôles et de la surveillance. Le coût estimé est de 4,37 milliards de FCFA. Soit un budget total de 8,20 milliards de FCFA pour le plan de gestion et d’élimination des POP 2026 – 2031.
Un front commun pour la santé publique
La mise en œuvre de cette politique d'envergure repose sur une coopération multilatérale solide. Les autorités ivoiriennes ont salué l'appui technique et financier de partenaires de premier plan, au rang desquels le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le Centre régional de la Convention de Bâle pour l’Afrique francophone, basé à Dakar. À travers ce plan quinquennal, la Côte d’Ivoire ne se contente pas d'honorer ses engagements internationaux. Elle pose les bases d'un développement industriel et agricole durable, indispensable pour concilier sa croissance économique avec la préservation de ses écosystèmes et la protection sanitaire de ses citoyens.
