Économie

Gaspillage alimentaire en Afrique : MaFondation tire la sonnette d'alarme et dévoile ses recettes

gaspillage-alimentaire-en-afrique-mafondation-tire-la-sonnette-dalarme-et-devoile-ses-recettes
© Droits réservés
PARTAGEZ
La fondation MaFondation a tiré la sonnette d'alarme, dans un communiqué consulté par Lavenir.ci, sur le gaspillage alimentaire en Afrique. Une déclaration faite dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale contre la faim

Pour MaFondation, le gaspillage alimentaire est l'un des paradoxes les plus criants de notre époque. Expliquant que l'Afrique, continent aux immenses ressources agricoles, perd chaque année une part considérable de sa production alimentaire, avec plus de 70 millions de tonnes d'aliments perdues ou gaspillées, tandis que des millions de ses habitants souffrent encore de la faim.

Dans les faits, souligne la fondation, ce sont aujourd'hui, plus de 800 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde, dont une proportion significative sur le continent africain. Et de déplorer que l'Afrique dispose pourtant d'un potentiel agricole parmi les plus importants de la planète, justifiant qu'entre 30 et 40% des denrées alimentaires produites sur le continent sont perdues ou gaspillées avant d'atteindre les consommateurs, en raison du manque d'infrastructures de stockage, de l'insuffisance des réseaux de transport et de la faiblesse des chaînes de froid. 

En Afrique subsaharienne, indique le communiqué, ce taux peut dépasser 50% pour les fruits et légumes. "À six ans de l'échéance fixée par les Nations Unies pour atteindre l'Objectif de développement durable n°2, « Zéro Faim » d'ici à 2030, les indicateurs stagnent à des niveaux préoccupants. Le temps du constat est révolu. L'heure est à l'acte", peut-on lire dans le communiqué.

Face donc à tant de problèmes sur le continent MaFondation livre ses recettes. Pour MaFondation, la lutte contre la faim en Afrique passe nécessairement par une réduction drastique des pertes alimentaires post-récolte car soutient-elle, "nourrir les populations africaines ne requiert pas uniquement de produire davantage, cela exige de mieux conserver, mieux distribuer et mieux valoriser ce qui est déjà produit".

A en croire MaFondation, "La faim en Afrique n'est pas une fatalité. Elle est le reflet de déséquilibres structurels que des politiques volontaristes et des investissements ciblés peuvent corriger". C'est pourquoi assure-t-elle "s'engager à porter cette conviction sur le terrain et dans les sphères décisionnelles".

Au nombre des recommandations de MaFondation, appelle-t-elle l'ensemble des acteurs dont les gouvernements, le secteur privé, les organisations internationales et la société civile à s'engager conjointement sur les axes prioritaires. Qui sont entre autres des Investissements dans les infrastructures post-récolte notamment dans le développement de capacités de stockage adaptées, l'extension des réseaux de froid et modernisation des voies de transport rurales. Au niveau du Pacte africain pour Zéro Faim, Zéro gaspillage 2035, MaFondation invite gouvernements, entreprises, agriculteurs, universités et ONG à signer un engagement continental avec des objectifs mesurables à savoir réduire de 50% les pertes alimentaires d'ici à 2035, à nourrir 100 millions de personnes grâce aux aliments sauvés, à créer 1 million d'emplois verts dans la valorisation alimentaire et à équiper 10 000 communautés rurales en solutions de conservation.

Entre autres recommandations, la fondation propose de soutenir les agriculteurs locaux pour l'accès aux équipements, à la formation et aux marchés pour réduire les pertes dès la source. Aussi, recommande-t-elle de transformer les pertes alimentaires en opportunités économiques en développant des programmes de transformation des fruits et légumes invendus en jus, confitures, farines, aliments pour bétail ou compost.

La création de la première "Banque alimentaire agricole rurale" représente aux yeux de la fondation l'une des priorités. Cela passe par la mise en place, dira la fondation, d'un système permettant aux agriculteurs de déposer une partie de leur production excédentaire dans des centres de collecte. Ces denrées seraient redistribuées aux écoles, orphelinats, centres de santé et populations vulnérables. En plus de la Banque alimentaire agricole, MaFondation propose la création d'un Fonds d'urgence alimentaire communautaire qui aura pour vocation d'être un mécanisme permettant aux communautés de constituer des réserves alimentaires locales à partir des surplus sauvés.

Enfin, comme autres réponses au gaspillage alimentaire, la fondation propose l'adoption de politiques alimentaires cohérentes intégrant la lutte contre le gaspillage comme priorité nationale dans les stratégies de sécurité alimentaire des États africains. La mobilisation des financements pour orienter une part significative de l'aide au développement vers les maillons fragiles de la chaîne alimentaire africaine ainsi que la mise en place du label "Zéro perte alimentaire" restent des solutions face au gaspillage alimentaire. 

Co-fondée par M'ma Camara et Aïssata 

Camara, MaFondation est une organisation engagée dans la lutte contre la faim et le gaspillage alimentaire, tout en promouvant la souveraineté alimentaire en Afrique. Elle met également en œuvre des initiatives concrètes au service des communautés les plus vulnérables, guidée par sa mission définie par le triptyque "Valoriser, protéger, nourrir".