
Pour contribuer à une meilleure compréhension de cet instrument financier, le Rotary Club Abidjan Deux Plateaux a organisé, mercredi 19 août 2026, au Plateau, une conférence de haut niveau autour du thème : "Le FSD-CI : Un levier pour financer la transformation économique et la souveraineté nationale". Annoncé par le chef de l’État, Alassane Ouattara, le Fonds souverain stratégique pour le développement de la Côte d’Ivoire (Fsd-CI) suscite de nombreuses interrogations sur son fonctionnement, sa gouvernance et son impact attendu sur l’économie nationale.
Expert-comptable et directeur général de Goodwill Audit et Consulting, Abou-Bakar Ouattara, lauréat du Prix national d’excellence du Meilleur chef d’entreprise 2026, a apporté plusieurs éclairages au cours de cette rencontre. Le conférencier a notamment défini le fonds souverain comme "l’épargne et le patrimoine d’un État mis au travail pour créer davantage de richesse pour les générations présentes et futures". Un tel instrument doit, selon lui, permettre de valoriser les ressources publiques, de financer des investissements stratégiques et de renforcer la résilience de l’économie.

Concernant le FSD-CI, créé le 15 avril 2026, Abou-Bakar Ouattara a relevé qu’il repose sur trois sous-fonds consacrés aux infrastructures, à la stabilisation et aux investissements de long terme. Son patrimoine est annoncé à plus de 114 000 milliards de FCFA. Face à de tels enjeux, il estime indispensable de mettre en place une gouvernance à la hauteur des ambitions affichées.
L’expert-comptable a ainsi appelé à préserver le fonds des interférences politiques et des décisions dictées par les impératifs de court terme. Il recommande également d’éviter les investissements peu rentables, l’opacité, les conflits d’intérêts et les décaissements précoces.
Pour lui, la performance du FSD-CI passe par une gouvernance professionnelle et indépendante, des comptes régulièrement audités, un reporting transparent et des équipes d’investissement de haut niveau. Abou-Bakar Ouattara estime par ailleurs que la Côte d’Ivoire dispose des compétences nécessaires pour assurer la gestion d’un tel instrument, même si certains États font appel à des experts internationaux pour renforcer leurs équipes.
Président du Rotary Club Abidjan Deux Plateaux, Baba Kourouma a, pour sa part, salué l’organisation de cette conférence, estimant qu’elle s’inscrit dans la volonté du Rotary de contribuer à la création d’un impact durable.
La rencontre a ainsi permis aux membres du club et aux participants de mieux cerner les enjeux liés à un instrument appelé à occuper une place importante dans la transformation économique et la souveraineté financière de la Côte d’Ivoire.