
D'entrée, le ministre a tenu à saluer la relation de confiance nouée depuis des années entre Abidjan et la Banque mondiale, une collaboration qui s'est traduite par des projets concrets sur le terrain. Il a notamment cité le Projet d'appui à la sécurité de l'eau et à l'assainissement (PASEA), pièce maîtresse d'un programme de financement global de 825 millions de dollars.
Pour Dr. Kouakou, l'accès à l'eau potable n'est pas un dossier parmi d'autres : c'est une urgence portée directement par le chef de l'État et son gouvernement, tant les enjeux touchent à la fois la santé publique et le quotidien des Ivoiriens. Le ministre a insisté sur un point souvent négligé. " La question ne se joue pas seulement dans les villes. Plus de la moitié de la population vit en zone rurale, et c'est là aussi que se joue la bataille de l'eau. C'est dans cette logique que s'inscrit le Pacte pour l'eau et l'assainissement, doté d'un financement initial de 1,2 milliard de dollars, dont 825 millions apportés par la Banque mondiale. " Une première étape avant un chantier bien plus vaste , 5,8 milliards de dollars d'investissements prévus d'ici 2035 pour couvrir progressivement l'ensemble du territoire.
Selon le Ministre Améde Kouakou Abidjan le problème n'est pas la production, mais l'acheminement .Sur la situation particulière de la capitale économique, le ministre a livré un constat sans détour. " Abidjan et ses 6,5 millions d'habitants ne manquent pas d'eau à la source . L'usine de La Mé produit environ 250 000 m³ par jour, celle de Djibi 150 000 m³, et les deux unités de Bonoua ajoutent près de 60 000 m³ supplémentaires. De quoi dépasser théoriquement le million de mètres cubes quotidiens. Dans les faits, seuls 650 000 m³ environ arrivent réellement jusqu'aux robinets, laissant sur la table près de 400 000 m³ inexploités chaque jour. La cause ? Un réseau de distribution à bout de souffle. « La principale difficulté réside dans le réseau de distribution », a résumé le ministre, plaidant pour l'accélération des travaux de canalisation vers les quartiers de la capitale.
De son côté, Marie-Chantal Uwanyiligira a salué le PASEA comme un outil efficace pour fédérer les partenaires autour du secteur de l'eau. Mais elle n'a pas manqué d'appeler à plus d'ambition : réformer durablement le secteur, ouvrir davantage la porte au privé, en particulier sur le traitement des eaux usées, et maintenir le rythme des investissements dans les infrastructures. Un message que le gouvernement dit avoir entendu. Garantir l'eau potable à tous, partout sur le territoire, sans coupure . C'est, selon les autorités, l'un des piliers de la vision quinquennale portée par le président Alassane Ouattara.