Économie

Budget 2025 : Un trou de 2210 milliards relevé par la Cour des comptes

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C'est un rapport qui fait du bruit. Le mercredi 28 octobre, à Abidjan, le président de la Cour des comptes, Kanvaly Diomandé, a présenté les chiffres de l'exécution du budget de l'État pour l'année 2025. Un déficit de 2210,17 milliards FCFA. Ce déficit a été épongé par un excédent de 2579,25 milliards, ce qui laisse un solde de 369,07 milliards FCFA.

Mais derrière ces chiffres, la Cour pointe de nombreux dysfonctionnements. Dans sa présentation, elle relève un manque de cohérence entre les ministères techniques et le ministère des Finances sur les modifications budgétaires. Elle dénonce aussi le recours trop fréquent aux lettres d'avance pour changer les crédits, et même des modifications intervenues après la clôture de l'exercice. Sans parler de l'absence de décrets pour certains transferts de crédits. Autre chiffre qui interroge : la dette. À fin 2025, elle s'élève à 33 159 milliards FCFA, contre 31 416 milliards un an plus tôt. Soit 57,8% du PIB. On reste certes sous le plafond de 70% fixé par l'UEMOA, mais la hausse est nette.

La Cour liste également plusieurs autres points faibles. Des recettes moins bonnes que prévu, notamment avec la contre-performance du droit unique de sortie sur le cacao. Des difficultés à recouvrer certaines recettes fiscales. Des projets financés par l'extérieur qui n'ont pas été exécutés. Et des émissions de titres publics qui n'ont pas respecté les autorisations budgétaires. Côté performance, le tableau est plus nuancé. Sur 153 programmes audités, le taux de réalisation des objectifs atteint 80% en 2025. 25 ministères sur 33 affichent même plus de 90% d'exécution budgétaire. La culture du résultat progresse donc dans l'administration. Sauf que des blocages demeurent. Le taux de mobilisation des financements extérieurs plafonne à 50%. Il manque encore des indicateurs d'impact, peu alignés sur les ODD, et certaines cibles liées au genre n'ont pas été atteintes.

La Cour est entrée dans le détail de deux ministères. Au ministère de l'Hydraulique, elle note des failles dans la gouvernance, le projet d'eau potable d'Abobo non réalisé et du retard dans la construction d'infrastructures modernes de gestion des déchets. Au ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, elle pointe le retard des centres de conduite régionaux d'électricité à Abidjan, Bouaké et Man, les ratés du projet BEST et la faible part des énergies renouvelables. Sur les 92 recommandations faites l'an dernier, 62 ont été appliquées, 6 partiellement et 24 sont restées sans suite.

Au final, malgré toutes ces insuffisances, la Cour estime que le budget 2025 a été globalement bien exécuté, sous réserve de la prise en compte de ses observations. Elle déclare aussi conformes les comptes des ordonnateurs et des comptables publics pour 2025. Elle recommande tout de même au ministère des Finances et du Budget de serrer la vis : respecter les autorisations budgétaires, faire des prévisions plus réalistes et appliquer les bonnes procédures pour toute modification.

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