
"L'Afrique aux commandes de sa souveraineté alimentaire". Tel est le thème de la 12e édition de cet événement initié par One Africa Forums, et qui se tient sur deux jours. Présent à cette rencontre pour donner la vision de son pays, la Côte d'Ivoire, Bruno Koné a rappelé que le continent africain, riche de plus de terres inexploitées que les autres continents, devrait pouvoir assurer son autonomie alimentaire. Mais ce n'est malheureusement pas encore le cas selon lui. Et c'est d'ailleurs pourquoi il a salué la thématique de cet événement. Car, selon lui, "un continent qui dépend des autres continents pour se nourrir est forcément un continent faible".
Si pour le ministre ivoirien, la sécurité alimentaire peut être assurée par l'Afrique, la souveraineté alimentaire, elle, demande plus d'efforts. "La souveraineté alimentaire va plus loin. C'est notre capacité à produire durablement sur notre sol l'essentiel de ce que nous consommons, je dirais même la totalité de ce que nous consommons. Et ici, j'ai coutume de dire qu'il nous faut produire ce que nous consommons. Mais en même temps, il nous faut consommer ce que nous produisons", a-t-il invité. Et c'est à ce défi que Bruno Koné a voulu que les producteurs agricoles africains arrivent à faire face.

"L'Afrique possède des terres, les ressources, les hommes pour nourrir le monde. Et le paradoxe aujourd'hui, c'est qu'elle a malheureusement des difficultés à se nourrir elle-même. Alors que tout le monde est unanime aujourd'hui pour dire que l'Afrique a les capacités de nourrir les 8 milliards d'individus qui sont dans le monde", a-t-il insisté en présence du président de One Africa Forums, Hassan Alaoui, et de l'ancienne Commissaire de l'Union africaine à l'Agriculture et au Développement rural, Josefa Leonel Correia.
Hassan Alaoui s'est, quant à lui, réjoui de cette initiative. Car à l'écouter, cette initiative vise à bâtir des solutions solides autour de trois piliers majeurs. Il s'agit d'attirer le capital patient ; la transformation locale ; et l'innovation et la durabilité, qui consistent à restaurer la santé des sols et à accompagner les petits producteurs qui forment l'épine dorsale de l'économie africaine.

Josefa Leonel Correia a, pour sa part, insisté sur l'importance de l'agriculture pour l'Afrique. À l'écouter, ce secteur est le socle de l'industrialisation du continent, de son économie. Toutefois, à l'instar du ministre ivoirien, Josefa Leonel Correia a rappelé que l'Afrique meurt encore de faim malgré la richesse de ses terres.
En clair, pour elle, en 2025, c'est environ 300 millions de personnes en Afrique qui souffraient de famine. Aussi a-t-elle profité de cette tribune pour inviter au bon usage des récoltes agricoles en ce sens que les producteurs n'arrivent pas encore à profiter pleinement de leurs récoltes. Ils perdent, selon elle, près de 40% de leurs productions.