Économie

Orpaillage illégal: 99% des sites créés avec l’accord des propriétaires terriens

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Coulibaly-Sangafowa et le gouvernement ne desserrent pas l’étau autour des orpailleurs illégaux
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Le phénomène de l’orpaillage artisanal autrefois clandestin tend de plus en plus à sortir de la clandestinité pour être pratiquée au et au su de tous. Des statistiques indiquent en effet que la plupart des sites sont créés avec la bénédiction des propriétaires terriens. D’où de nouvelles pistes envisagées par le gouvernement pour juguler ce phénomène.

Selon le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie, 99% des orpailleurs illégaux s’installent avec la complicité des propriétaires terriens et parfois de cadres et élus des localités où ils exercent leurs activités. Seulement 1% de cette exploitation artisanale des mines est faite par l’usage de la force comme moyen d’installation des sites illégaux. Dans ces conditions l’approche consistant à réprimer ne semble plus être l’unique solution si l’on veut aboutir à de meilleurs résultats. D’où la nouvelle stratégie qu’entend explorer désormais le gouvernement. Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, envisage en effet, d’intensifier la sensibilisation à l’endroit des populations qui offrent gîte et couvert aux orpailleurs illégaux. A cela doit s’ajouter une série de réformes portant sur les textes et pratiques régissant le secteur des mines et énergies.

La nouvelle stratégie pour juguler le phénomène

Saisissant l’occasion de l’ouverture de la mine d’or de Yaouré de Perseus Mining, dans le département de Bouaflé, le ministre a lancé l’idée de l’intensification de la sensibilisation comme moyen de contrer le phénomène d’orpaillage illégal. « « Nous aurons bientôt à parcourir le pays afin que nous nous donnions la main, tous ensemble, pour une forte sensibilisation. J’irai personnellement m’entretenir avec la Chambre des rois et des chefs traditionnels, les élus, les préfets, le gouvernement, afin que nous arrivions à juguler pour le moins ce phénomène », a fait savoir Sangafowa-Coulibaly.

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La sensibilisation devra consister à attirer l’attention des populations portées à prêter leurs terres sur les conséquences environnementales de cette activité illégale et leur faire comprendre qu’elles gagneraient à opter pour une forme plus formelle de l’orpaillage. « En ma qualité de commissaire du gouvernement, je ne peux comprendre que compte tenu de la paupérisation, l’on accepte des orpailleurs illégaux qui s'installent avec des conséquences dommageables pour tous. C’est sur cette sensibilisation que nous allons mettre l'accent… », a insisté le ministre.

Outre cette campagne de sensibilisation qui sera sûrement régulière et s’étendra dans le temps, le gouvernement envisage des réformes structurelles. C’est dans ce cadre que s’inscrit la révision du code minier en s’inspirant de l’expérience du code de 2014 et l’instauration d’un code relatif au contenu local. Ce nouvel instrument vise à doter la Côte d’Ivoire de moyens juridiques lui permettant de mieux tirer parti de l’exploitation de ses ressources minières.

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« Le contenu local est une exigence car il permet non seulement aux pays dans lesquels se font les découvertes de tirer le meilleur avantage de l’exploitation minière mais aussi et surtout de permettre aux communautés dans lesquelles sont exploitées le produit, de tirer le meilleur avantage », a expliqué le premier responsable du département des mines et énergies. Toutes ces mesures devraient permettre, à terme, d’améliorer les performances du secteur minier en Côte d’Ivoire ; secteur qui compte à ce jour 10 mines d’or industrielles, 135 semi-industrielles et 68 artisanales en activité. Par ailleurs, la production d’or est passée  quant à elle de 13 tonnes en 2012 à 48 tonnes en 2022. En cette année 2023, la Côte d’Ivoire envisage de produire 50 tonnes et 55 tonnes l’année suivante.

Au total, il s’agit par ces différentes mesures de lutter plus efficacement contre l’orpaillage illégal et partant de favoriser l’installation de mines légales comme la mine d’or de Yaouré de Perseus Mining inaugurée le vendredi 19 mai dernier. Une mine qui devrait générer la création de 1200 emplois dans la région et partant contribuer à la lutte contre la pauvreté.

Assane Niada

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