Économie

Détournement de fonds à SNDAI : L’ancien DAF dit sa part de vérité

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N’Da Hivé Kouamé, ancien Directeur administratif et financier explique les faits qui lui sont reprochés dans une affaire au Pôle pénal économique et financier.

Je m’appelle N'DA HIVÉ KOUAMÉ. Je suis un h.omme de chiffres, de méthode et de RESPONSABILITÉ. J’ai servi des organisations complexes, dirigé des équipes, conduit des transformations, et j’ai toujours cru qu’un PAYS avance lorsque ses INSTITUTIONS protègent la VÉRITÉ, la COMPÉTENCE et la DIGNITÉ HUMAINE. Aujourd’hui, je prends la PAROLE non par goût du bruit, mais par DEVOIR. Parce qu’il arrive un moment où se TAIRE, c’est laisser d’autres écrire votre HISTOIRE à votre place. Et parce qu’au-delà de mon NOM, il y a un principe : on ne D.ÉTRUIT pas un h.omme pour éviter de regarder un système.

Je veux être clair : je respecte la JUSTICE et je respecte mon PAYS. Mais je refuse qu’on me réduise à une CARICATURE. Je refuse qu’on transforme un PROFESSIONNEL en symbole commode, en « COUPABLE IDÉAL », pendant que les questions essentielles restent sans réponse. Je suis un PÈRE, un ÉPOUX, un FILS de la CÔTE D'IVOIRE . Je sais ce que représente l’honneur dans nos familles : c’est le capital le plus précieux. On peut PERDRE un POSTE, on peut perdre un CONFORT, mais on ne doit pas perdre son NOM sans se TENIR DEBOUT. Je suis venu demander la VÉRITÉ.

(...) Je parle aujourd’hui parce qu’à f.orce de me TAIRE, on a laissé une HISTOIRE circuler sans moi. Et cette HISTOIRE d.étruit mon NOM, ma FAMILLE, ma CARRIÈRE. Je prends la parole pour une raison simple : la VÉRITÉ ne se défend pas en silence. C’est pour cela que j’ai choisi de m’exprimer dans les pages de FINANCIAL AFRIK, après avoir décliné les demandes de DIVERS MÉDIAS. J’ai jugé qu’un journal africain de qualité tel que le vôtre serait le moyen idéal pour faire entendre ma VÉRITÉ.

Mon TIMING n’est pas un CALCUL. C’est un moment. Le moment où je décide que mon HONNEUR ne doit pas rester au TRIBUNAL des RÉSEAUX. Cette affaire est aussi GR.AVE et SCANDALEUSE quand on voit les PERSONNES impliquées et la DÉCISION RENDUE et par conséquent ne peut pas être résumée à un seul h.omme sans que les faits soient posés clairement.

Sur les CONVOCATIONS et le jugement par défaut, voici ce qui s’est passé, simplement. Je suis SORTI du PAYS avec l’aval de personnes du sommet. Ce DÉPART avait été présenté comme une absence courte, de deux semaines. Il est intervenu juste après une séquence politique très active à YOPOUGON, à laquelle beaucoup de CADRES du GROUPE SNEDAI ont participé. Dans la CONTINUITÉ, on m’a parlé d’une autre FONCTION et d’une TRANSITION à préparer. J’étais donc dans une logique professionnelle, dans une logique de CONFIANCE. Puis, en mon ABSENCE, le récit s’est RETOURNÉ. J’ai alors COMPRIS que cette CONFIANCE avait été UTILISÉE comme un PIÈGE : on ferme la PORTE, on installe un SCÉNARIO, et on cherche un visage « simple » à présenter à l’opinion. Le degré d’indécence m’a profondément CHOQUÉ. Ce SCÉNARIO a failli rester parfaitement VERROUILLÉ, jusqu’au jour où une information INTERNE a FUITÉ, y compris depuis un cercle très proche. Cette FUITE a créé un M.ALAISE, parce que certains ont compris la GR.AVITÉ de la SITUATION : le S.ACRIFICE IDÉAL était déjà désigné.

À ce stade, j’ai agi comme tout bon PÈRE devrait agir : en me PROTÉGEANT et en PRÉSERVANT ma VIE. Étant bien conscient de mon ENVIRONNEMENT et des DÉFIS ainsi que des ASPIRATIONS, je refuse de m’égarer. Le CLIMAT était devenu trop RISQUÉ, et trop d’individus, y compris ceux qui ont un INTÉRÊT à me GARDER éloigné pour ma SÉCURITÉ. pour une APPROCHE tranquille.

En QUATORZE ANNÉES de PROFESSION, je n’avais jamais fait face à une telle SITUATION : TENSION, INTIMIDATIONS, VULNÉRABILITÉ totale. On ne parvient pas à bien se DÉFENDRE lorsqu’on vit constamment sous PRESSION.

Aujourd’hui je reste CONVAINCU que la SITUATION est plus STABLE pour que je RENTRE donner ma part de VÉRITÉ. Et je voulais poser un fait qui compte : j’exerçais sous une HIÉRARCHIE directe, clairement identifiée. Ce n’est pas un débat d’opinion : mes FICHES de POSTE et mes OBJECTIFS le prouvent. Dans une ORGANISATION comme celle-là, les ORIENTATIONS ne sortent pas d’un BUREAU ISOLÉ : elles passent par des VALIDATIONS et des ARBITRAGES.

Qu’on me LAISSE aujourd’hui répondre dans un CADRE ÉQUITABLE et CONTRADICTOIRE, avec toutes mes PREUVES et toutes les INFORMATIONS à ma DISPOSITION. Qu’on remonte la CHAÎNE : qui DÉCIDE, qui VALIDE, qui EX.ÉCUTE, où va l’argent, à qui profitait réellement le modèle d’affaires, et pourquoi certaines démarches de normalisation que je recommandais n’ont jamais été suivies. Je ne suis pas venu faire du BRUIT. Je suis venu REPRENDRE ma PLACE face à ce JEU de RÔLE GROTESQUE : celle d’un h.omme DEBOUT, qui demande une JUSTICE de PREUVES, pas une justice de RÉPUTATION.

(...) Je parle avec une LIGNE simple : des FAITS, une CHRONOLOGIE, une MÉTHODE. Et je CONTESTE formellement l’image qui m’est ATTRIBUÉE : celle d’un PRINCIPAL ACTEUR d’un système opaque.

Premier fait : dans le déroulement du PROCÈS, on a vu un M.ALAISE. Une GÊNE. Une retenue. Comme si, au fond, beaucoup savaient que l’histoire RACONTÉE était trop simple pour être VRAIE, mais les ABSENTS ont TORT.

Deuxième fait : je ne cherche pas la POLÉMIQUE. Je cherche la PREUVE. La FONTAINE l’a dit mieux que moi : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » C’est précisément pour cela que je demande une seule chose : qu’on regarde les faits, sur pièces.

Je suis TENU par le SECRET PROFESSIONNEL. Je parle à cœur ouvert, mais je ne transformerai pas une INTERVIEW en DIVULGATION de DOCUMENTS INTERNES. Ce serait contraire à l’éthique. En revanche, chacun peut se RENSEIGNER sur la GOUVERNANCE réelle du groupe SNEDAI : les DÉCISIONS, les VALIDATIONS, les CIRCUITS, les SIGNATURES. Dans une organisation de cette TAILLE, les FLUX ne passent pas par une SEULE MAIN . Ils passent par une CHAÎNE. Une CHAÎNE LONGUE. STRUCTURÉE. VERROUILLÉE.

Et je le dis clairement, avec une voix ferme : faire croire qu’un Directeur comptable — car c’est la fonction que j’exerçais dans les faits, et non celle de DAF — aurait pu, et/ou être « à la tête » d’un système opaque, c’est une construction.

Mon RÔLE était encadré : production comptable, documents légaux, procédures. Mon pouvoir n’était pas celui d’un décideur final. Présenter l’inverse, puis amplifier cette version dans l’espace public, revient à fabriquer une réalité qui ne résiste pas à l’analyse.

Vous savez :

un PAIEMENT se DÉCIDE,

se VALIDE,

s’exécute,

s’encaisse.

Dans ce type de DOSSIER, la VÉRITÉ ne se situe pas dans les SLOGANS ; elle se situe dans la CHAÎNE : qui décide, qui valide, qui signe, qui reçoit, et où va l’argent.

Le CŒUR du PROBLÈME est là : ce DOSSIER n’est pas celui d’un h.omme. C’est celui d’une GOUVERNANCE. Et lorsqu’une GOUVERNANCE est FAMILIALE, elle a souvent deux réflexes : VERROUILLER et DÉSIGNER. VERROUILLER le SYSTÈME. Désigner un NOM. Un VISAGE. Un COUPABLE lisible . Je REFUSE d’être ce NOM brandi pour ÉVITER de REMONTER la CHAÎNE des RESPONSABILITÉS. Je le dis : on ne S.ACRIFIE pas un H.OMME sur l’autel de L.UTTES INTERNES, ni sur l’autel d’ambitions de CL.AN. La RESPONSABILITÉ ne se décrète pas dans un CERCLE FERMÉ : elle se PROUVE.

Quand une affaire éclate, la TENTATION est grande de TROUVER vite un VISAGE. Mais la CÔTE D'IVOIRE mérite mieux. Elle mérite la RIGUEUR. Elle mérite que les AUTORITÉS se saisissent du sujet avec la MÉTHODE qu’il exige, parce qu’une affaire de cette NATURE ne se règle pas par des RÉCITS, mais par des VÉRIFICATIONS. Ma position est simple : je suis prêt à répondre sur pièces, dans un cadre contradictoire, avec accès total aux éléments, et des contrôles objectifs. La VÉRITÉ n’a pas besoin de THÉÂTRE.

C'est un CHOC. C'est une TR.AHISON. Dix années de ma VIE données à un CL.AN, à une FAMILLE, à une ORGANISATION. Dix années de travail, de LOYAUTÉ, de NUITS, de PRESSION. Et au moment où l'on décide de se DÉBARRASSER de CELUI qui DÉRANGE, de celui qui empêche certains d'être en roue libre, une chose devrait rester : l'élégance. Elle n'a pas existé.

La CHRONOLOGIE parle d'elle-même. Après mon DÉPART, le groupe recrute un NOUVEAU DAF. Un H.OMME averti. Il comprend VITE. Il DÉMISSIONNE quelques mois plus tard. Parce qu'il voit une CULTURE D'ENTREPRISE où l'éthique, la responsabilité et même la continuité d'exploitation deviennent secondaires. Les PRATIQUES de ce GROUPE SNEDAI n'ont pas CHANGÉES avant et après mon DÉPART et je pourrai même rafraîchir les mémoires au moment VOULU. Et au-delà des fonctions, il y a L'HUMAIN. Les liens tissés étaient profonds. Des LIENS de confiance, presque familiaux. Dans ce contexte, exposer celui qui a servi comme un FILS pour certains, comme un FRÈRE pour d'autres, relève d'un niveau d'immoralité que chacun comprend instinctivement.

Je parle aussi d'un mécanisme. Un mécanisme très simple : enterrer "le sachant". ENTERRER celui qui connaît l'histoire, les CIRCUITS, les HABITUDES, les ZONES GRISES. D'une PIERRE, deux coups : on ferme une PÉRIODE, on évite les QUESTIONS, on impose un récit, on se donne une posture de VI.CTIME, et on gagne du temps. Pendant ce temps, on vit tranquillement.

Je pose un fait daté : en 2024, un proche influent de ce cercle a appelé mes parents et a tenu des propos très clairs, je cite : « Dans dix jours, on part chercher votre fils, où qu'il soit », en justifiant cela par l'idée que j'exposais publiquement une grande figure et le groupe ; cette séquence révèle une pression assumée et une condamnation annoncée bien avant que la vérité ne soit examinée sereinement. Je conserve les preuves de ces échanges, enregistrements, messages, traces, et elles seront remises, au moment opportun, aux autorités compétentes, parce qu'en finance comme en justice, les mots et les chiffres laissent des traces, les traces se vérifient, et la vérité se traite sur pièces.

Moi, je constate une campagne, et nous avons des retours. Vous savez, tout le monde n'est pas avec eux, avec leurs scandales à répétition : ce n'est plus une coïncidence. On dit souvent que « le doute du doute, c'est la certitude ». Et la certitude, elle est visible. Elle est organisée. Sur les réseaux, je vois des informations relayées en boucle, des « activistes » mobilisés, et des communicants que je connais personnellement. Dans les faits, ces personnes venaient régulièrement au bureau récupérer des enveloppes, sur des montants décaissés via des sociétés aujourd'hui citées, au nom de « l'image ». Voilà le contexte.

Cette communication vise un résultat : me salir, me réduire au silence, me faire passer pour un voyou, pour quelqu'un d'immoral. Et sur ce point, je reste lucide : des retours existent, des chiffres circulent, des moyens sont mobilisés pour marquer l'esprit des Ivoiriens. Le scénario est classique : on choisit un visage, on fabrique un récit, on tient un bouc émissaire. Un acharnement de cette intensité révèle surtout une chose : un récit a besoin d'être entretenu. Parce qu'un récit fragile se nourrit d'attaques, de répétitions et de peur. Et parce qu'une parole documentée dérange. Je le dis : certains préfèrent me savoir loin. Pas par crainte physique : je ne suis rien, juste un homme éprouvé, malmené, qui représente un risque pour les versions faciles. Et, dans une affaire grave, ceux qui veulent aller vite cherchent un responsable « simple », plutôt qu'un système « complexe » à éclairer.

Mon objectif tient en une ligne : une procédure sur pièces, dans un cadre contradictoire. Le moment venu, l'ensemble des éléments sera remis à qui de droit : preuves, conversations, instructions reçues, et tout ce qui permet de vérifier. Je garde la discipline : pas de noms dans les médias, pas de spectacle. Des faits. Des documents. Une méthode.

Mon rôle dans l'émergence du groupe SNEDAI, il est clair : un rôle de PROFESSIONNEL. J'ai SERVI comme H.OMME de CHIFFRES et D'E.XÉCUTION : structurer, produire, tenir les délais. Des NUITS de clôture, des reportings, des procédures, des équipes à accompagner. Mon LEVIER, c'était la méthode. Mon périmètre, c'était la COMPTABILITÉ. Pas la STRATÉGIE POLITIQUE, pas les RÉSEAUX, pas L'INFLUENCE. Ce que cette question révèle surtout, c'est une CONFUSION fréquente : on attribue L'ASCENSION d'un EMPIRE à ceux qui tiennent les TABLEAUX, alors que la construction d'un empire vient du sommet : décisions, arbitrages, priorités, et gouvernance. Une culture d'entreprise se pilote. Elle se diffuse par la hiérarchie. Et quand cette culture dérape, elle cherche un visage à exposer pour préserver le centre de gravité. La chronologie est parlante : des années de service total, puis une rupture brutale et une mise en scène publique. À ce moment-là, le cadre devient une variable d'ajustement. L'absent devient COMMODE.

Mes rapports avec mon ancien patron ADAMA BICTOGO et sa FAMILLE ont été, pendant des années, des rapports de CONFIANCE et de TRAVAIL. J'étais au cœur du dispositif comptable : dossiers urgents, clôtures, décisions à exécuter, arbitrages à traduire en chiffres. La relation dépassait le cadre strictement professionnel : certains collègues et moi étions en contact régulier avec ma supérieure hiérarchique directe le dernier carré, y compris en dehors des locaux. Dans la pratique, les orientations venaient de cette hiérarchie : nous travaillions avec son accord, avec sa validation. Au quotidien, je passais aussi l'essentiel de mon temps avec deux figures centrales de l'entourage dirigeant. Ce sont elles qui portaient une large partie des instructions, des arbitrages, du rythme, et de la PRESSION. C'est la réalité opérationnelle d'un groupe structuré autour d'un noyau. Je M'ARRÊTE là par RESPECT...»

Source : Financial Afrik