
Les faits
La victime, un militaire du nom de D D, en poste à San-Pédro, gît dans le salon. L'affaire, en apparence simple, va vite se révéler bien plus trouble. Une ancienne histoire d'amour, une irruption en pleine nuit, et une confrontation qui a mal tourné.
Une scène horrible qui parle d'elle-même, sur place, le commissaire Beugré et ses hommes n'ont pas besoin de longtemps pour comprendre qu'il ne s'agit pas d'un simple malaise. Le corps de D D est allongé sur le dos, dans une mare de sang, des blessures visibles à la poitrine et au cou. Dans la chambre comme dans le salon, le mobilier renversé et les traces au sol racontent une lutte, violente, qui s'est terminée là avec l'ange de la mort.
C'est T S E, 32 ans, compagne de la victime, qui livre les premiers éléments aux enquêteurs. Elle raconte que vers 4 heures du matin, alors qu'elle dormait aux côtés de D D, quatre hommes ont fait irruption dans l'appartement. Parmi eux, un visage qu'elle connaît bien, celui de F M, surnommé "Abou", son ex-compagnon. Sommée de quitter les lieux, elle obéit. À son retour, quelques instants plus tard, D D ne bouge plus.
C'est ainsi la traque des éléments de la BRI commence, chaque minute compte désormais. Très vite, les recherches se concentrent sur F M. Toute la matinée, les policiers remontent sa trace jusqu'au quartier Zaguiguia. À 12h20, l'homme est interpellé, chauffeur de 47 ans, domicilié au quartier Abattoir, encore visiblement sous l'emprise de stupéfiants au moment de son arrestation. Entre l'alerte et l'interpellation, il se sera écoulé moins de six heures.
Si l'arrestation du principal suspect marque une étape, elle est loin de clore le dossier. Que s'est-il vraiment passé dans cet appartement après le départ de la jeune femme ? Quel rôle ont joué les trois autres hommes évoqués dans son récit ,et où sont-ils passés ? Qu'est-ce qui a déclenché cette confrontation fatale ?
T S E et F M restent tous deux gardés à vue, le temps pour les enquêteurs de confronter les versions et de reconstituer, heure par heure, le fil de cette nuit. Un décès, un suspect interpellé en quelques heures à peine, le bilan provisoire est posé.
Voilà qu'une nuit commencée dans l’intimité, où les corps des deux amants étaient entremêlés dans un logement de Daloa, a basculé en quelques heures dans un drame dont toutes les circonstances restent encore à éclaircir.