
La veille, Embalo avait lui-même annoncé à la presse qu’il venait d’être victime d’un putsch. Les militaires ont pris le contrôle du palais présidentiel et suspendu les élections, dont les résultats étaient attendus. Une nouvelle page sombre s’ouvre ainsi dans l’histoire de la Guinée-Bissau, déjà marquée par une succession de coups d’État.
Dans la foulée, l’opposant Domingos Simoes Pereira, écarté de la présidentielle du 23 novembre, a été placé en détention. La junte a nommé un général à la tête de la transition, tandis que l’opposition accuse Embalo d’avoir orchestré un « faux coup d’État » pour éviter de reconnaître sa défaite électorale.
L’exfiltration du président déchu est intervenue après une réunion virtuelle de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Les dirigeants régionaux ont condamné « fermement » la prise de pouvoir par la force, exigé le retour à l’ordre constitutionnel et annoncé l’envoi prochain d’un comité restreint à Bissau pour tenter de dénouer la crise.