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Burkina Faso : Déjà 131 corps enterrés clandestinement à Fada N'gourma

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© Drces enterrements en série et l’opacité des informations alimentent la colère
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Une délégation de la hiérarchie des Eaux et Forêts s’est rendue ce mardi 3 mars à Fada N’Gourma pour assister à une nouvelle vague d’inhumations des forestiers tombés lors de l’attaque de Tandjari, dans la région de l’Est.

Un déplacement solennel mais entouré de murmures et d’inquiétudes, tant les zones d’ombre persistent autour du nombre réel de victimes et de corps encore introuvables. Selon plusieurs sources internes, une partie des dépouilles qui seront mises en terre « serait difficilement identifiable », alimentant le malaise qui traverse le corps paramilitaire. « Jusqu’à présent, plusieurs agents manquent toujours à l’appel », confie un gradé, sous couvert d’anonymat.

La veille, lundi, les familles endeuillées s’étaient massivement regroupées devant la Direction générale à Ouagadougou, exigeant des explications claires sur les circonstances des décès et sur l’identification des corps. Ces nouveaux enterrements s’ajoutent à deux vagues précédentes déjà controversées : une première où 101 corps avaient été enterrés, puis une seconde d’une trentaine de dépouilles à Fada. Une succession de cérémonies funèbres qui témoigne de l’ampleur du drame et de la confusion persistante autour de sa gestion.

À Fada N’Gourma, la cérémonie du jour pourrait révéler un nouveau bilan. Mais pour de nombreuses familles, l’essentiel reste ailleurs : savoir où sont leurs proches, et pourquoi autant d’incertitudes entourent leur disparition.

Dans un contexte sécuritaire toujours instable dans la région de l’Est, ces enterrements en série et l’opacité des informations alimentent la colère, la douleur et les interrogations.

« Triste, très triste », souffle un parent de victime, les yeux rivés vers le convoi funèbre.

Yacouba Doumbia