
Selon lui, l’Iran ferait payer des droits de passage aux navires transitant par le détroit d’Ormuz, en échange de leur sécurité. Or, ce couloir maritime est l’un des plus stratégiques au monde. Situé à l’entrée du golfe Persique, il voit transiter près de 20 % du pétrole et du gaz mondial. Dès lors, toute entrave à la libre circulation y prend une dimension internationale. C’est pourquoi al-Budaiwi s’est indigné, affirmant que « le comportement déstabilisateur de l’Iran a franchi toutes les limites ». Selon lui, Téhéran aurait même fermé le détroit, empêchant le passage de navires commerciaux et de pétroliers, en violation flagrante de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
De plus, ces accusations s’inscrivent dans un contexte déjà tendu. Ces dernières années, plusieurs incidents ont été recensés : des navires détournés vers les eaux iraniennes, d’autres pris pour cible en mer Rouge ou dans la Corne de l’Afrique par des groupes affiliés à l’Iran. Pour le CCG, qui regroupe six pays arabes du Golfe (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis), la situation est devenue intenable. Par ailleurs, la crise actuelle a des répercussions directes sur l’économie mondiale. Le trafic maritime dans le détroit aurait chuté de 95 % depuis le début de la guerre. Face à cette paralysie, les États-Unis agitent la menace de sanctions pour tenter d’imposer un cessez-le-feu. Mais Téhéran reste inflexible. sur le réseau X, le président du parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a rétorqué que « personne ne peut donner d’ultimatum à l’Iran ni au peuple iranien ».
Ainsi, entre accusations de « péages » illégaux, tensions militaires et bras de fer diplomatique, le détroit d’Ormuz apparaît plus que jamais comme un épicentre des rivalités géopolitiques mondiales.