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Burkina Faso : L'ancienne ministre Laure Zongo écope de 5 ans

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La justice burkinabè a rendu son verdict, vendredi 27 mars 2026, à Ouagadougou, dans une affaire de détournement de fonds destinés aux personnes déplacées par les violences terroristes.

Plusieurs responsables du ministère de l’Action humanitaire ont été reconnus coupables, dont l’ancienne ministre Laure Zongo.

Selon les conclusions du tribunal, les prévenus se sont approprié plus de 3 milliards de francs CFA, soit environ 4,6 millions d’euros, initialement destinés à l’assistance des populations vulnérables. Les peines prononcées varient selon le degré d’implication, allant jusqu’à onze années d’emprisonnement ferme.

La sanction la plus lourde a été infligée à Camille Yé Yaké, chef du service financier du ministère de l’Action humanitaire. Il a été condamné à onze ans de prison ferme, assortis d’une amende importante dépassant les 700 000 euros. Pour sa part, Laure Zongo écope de cinq ans de prison ferme.

Dans le même dossier, six autres agents du ministère étaient poursuivis pour détournement de fonds, enrichissement illicite et blanchiment. L’un d’eux a également été condamné à cinq ans de prison ferme, tandis qu’un autre a bénéficié d’une peine avec sursis.

 Les quatre derniers ont été relaxés par le tribunal. Ce procès constitue la deuxième phase de l’affaire dite « Amidou Tiegnan ». Cet ancien fonctionnaire, déjà condamné lors d’un premier jugement à la fin de l’année 2024, avait mis en cause plusieurs de ses collègues, aujourd’hui jugés.

D’après les magistrats, les fonds détournés étaient destinés à la prise en charge de plus de deux millions de déplacés internes. Le parquet a évoqué plusieurs méthodes utilisées pour soustraire ces ressources publiques, notamment des surfacturations, des marchés fictifs et des falsifications de signatures. 

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte où la gestion des ressources destinées aux populations affectées par l’insécurité reste un enjeu majeur au Burkina Faso.